Le capitaine Lemoyne DeMaricour, après avoir jeté une poignée de terre sur le cercueil du lieutenant--et d'une voix que l'émotion faisait trembler--prononça ces mots:

--Repose en paix! noble et vaillant défenseur de la patrie!

LE JUGEMENT

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Trois mois ont fui depuis l'arrestation de madame DeBoismorel.

Le gouverneur vient de recevoir son courrier de France.

Après avoir pris connaissance de ses lettres, il s'empresse de lire les journaux, afin de se renseigner sur les événements les plus récents.

Le siège de Québec et la défaite de Sir William Phips faisaient le sujet de maints articles où l'on exaltait l'habileté de Frontenac et la bravoure des habitants de la Nouvelle-France.

Le gouverneur, très flatté des éloges que lui décernaient tous les journaux, allait replier la «Gazette des Tribunaux» qu'il venait de parcourir, quand, soudain, il tressaillit en voyant ce titre imprimé en gros caractères: