--Lisez cette bonne nouvelle!

Duchouquet, après avoir lu attentivement, remit le journal au gouverneur, en lui disant avec un large sourire:

--Notre ville, Excellence, est débarrassée d'une fameuse fripouille!

--Vous avez le mot juste, souligna Frontenac. Maintenant, ajouta-t-il, pour récompenser le dévouement que vous avez montré en cette affaire, comme en toute choses d'ailleurs, je vais donner instruction à mon Intendant de tripler vos gages. Et, si vous continuez à me bien servir, je vous promets que je penserai à vous quand je ferai mon testament.

--Merci! mille fois merci, Excellence! Moi, je promets de vous servir fidèlement jusqu'à la mort!

Le maître et le serviteur ont tenu leurs promesses. Dans le testament qu'il a dicté lui-même, le 22 novembre 1698, au notaire royal Genaple de Belfond, l'illustre gouverneur a fait insérer la clause suivante:

«Donnant et léguant icelui Seigr. Testateur à Duchouquet, son vallet de chambre, toute la garderobe consistant en ses habits, linge et autres hardes d'icelle avec la petite vaisselle d'argent dépendant de la dite garderobe; et ce en considération des services que le dit Duchouquet lui a rendus jusqu'à présent.»

Pour compléter l'entretien que nous avons cité plus haut, nous devons ajouter que, au moment où Duchouquet allait se retirer, Frontenac lui dit:

--Et Louis Renaud, l'ex-messager de madame DeBoismorel, que fait-il maintenant?

Il ne fait rien, Excellence, depuis l'arrestation de sa maîtresse.