--François! appela Aubry.
Et la bonne figure de ce fidèle serviteur, que le lecteur connaît, apparut aussitôt.
--Monsieur m'a appelé?
--Oui, mon cher François; nous allons arracher les arbrisseaux qui nous cachent un peu la vue de l'Isar.
--Très bien! monsieur.
Et le maître et le serviteur se mirent à l'ouvrage.
Le lecteur, nous en sommes sûr, n'est nullement surpris de retrouver François et Henriette, en Allemagne, au service de madame DeBoismorel. Ces serviteurs, dont on connaît le dévouement, eussent suivi leur bonne maîtresse jusqu'au bout du monde, sans s'occuper de ses démêlés avec le gouverneur de la Nouvelle-France et la comtesse de Frontenac!
Après sa condamnation, madame DeBoismorel, qui était très riche (ayant hérité à la mort de son mari une fortune de 400,000 francs) avait transmis à son notaire, Claude Aubert, l'autorisation de vendre la belle propriété qu'elle possédait à Québec, de retirer les valeurs qu'elle avait placées en sûreté et de lui envoyer le tout à Munich. Le notaire s'était conformé scrupuleusement à ses instructions.
Elle avait en même temps écrit à sa servante--qui était une paysanne bretonne--de venir la rejoindre en Allemagne.