Note 8:[ (retour) ] Une clause du testament de Frontenac ordonnait expressément qu'il fut enterré dans l'église des Récollets. Le gouverneur avait toujours été leur syndic apostolique au Canada. Les Récollets ont joui de la faveur constante des Frontenacs, etc., etc.

«M. Marmette ajoutait: «Ces précieux détails me sont fournis par mon ami, aussi bienveillant qu'éclairé, M. l'abbé H.-R. Casgrain.»

«L'année suivante, 1871, Mgr Tan publiait le premier tome de son fameux Dictionnaire Généalogique. La légende racontée à M. Joseph Marmette par son ami l'abbé Raymond Casgrain s'y trouvait reproduite. En l'acceptant dans son livre, l'auteur lui donnait, ipso facto, non seulement une présomption, mais un caractère d'authenticité aussi sérieux qu'indéniable.

«Il paraît, d'après le Major Lafleur et M. de Gaspé (auteur des Anciens Canadiens), lequel fut témoin oculaire de l'incendie de l'église des Récollets, que les cercueils de plomb qui se trouvaient sous les voûtes de l'église, placés sur des tablettes en fer, étaient en partie fondus. La petite boîte de plomb contenant le coeur de M. de Frontenac, se trouvait dit-on, sur son cercueil.»

M. Thompson (James Thompson), ami de M. de Gaspé, avait vu, paraît-il, inhumer les ossements des anciens gouverneurs dans la chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, près de la muraille, côté de l'Évangile.

«Ce qui frappe, à première lecture, dans cette page, ce n'est pas le caractère vague, flottant du récit, mais l'hésitation du narrateur. Il manque évidemment de conviction, et je l'en félicite. A ce sujet la tradition rapportait, d'après le Frère Luis, etc.; il paraît, d'après M. le major Lafleur, et de M. de Gaspé; la petite boîte de plomb se trouvait, dit-on, sur son cercueil, etc.;--M. Thompson avait vu, paraît-il, etc., etc. Comme il hésite, comme il craint, et certes avec raison, d'être trop affirmatif! Comme il lui répugne de laisser imprimer dans son Dictionnaire Généalogique ce racontar, diffamatoire au premier cher; son flair d'historien ne le trompe pas: cette anecdote sent mauvais, elle fleure la calomnie à cent pas; de suite, sa conscience d'honnête homme en éprouve le pressentiment et la répugnance.

«Par bonheur, ce potin empoisonné renferme son propre antidote. Pour peu que l'on observe et lise attentivement, on le trouve à la page même de l'ouvrage cité. Il suffit, en effet, de comparer les témoignages de Mgr Plessis et de M. de Gaspé: tout cet échafaudage d'inexactitude, si laborieusement édifié, s'écroule à plat comme un château de cartes.

«Mais entrons plus avant dans la minutie des détails. La calomnie est un bacille qui requiert, plus que tout autre microbe dangereux, un examen microscopique.

«Disons d'abord un mot de la personnalité des témoins, avant de peser la valeur de leurs dépositions.