Rue Pirouette. Voyez [Tirouane].
Rue de la Poterie. Elle donne d'un bout dans la rue de la Lingerie, et de l'autre dans celle de la Tonnellerie. Son nom lui vient des poteries qui s'y vendoient encore dans le dix-septième siècle. Elle a porté anciennement les noms de rue des deux Jeux de Paume, rue Neuve des deux Jeux de Paume, parce qu'effectivement il y en avoit deux qui occupoient l'emplacement où est aujourd'hui la halle aux draps et aux toiles.
Rue des Potiers d'Étain. On désigne sous ce nom la partie des piliers des halles qui règne depuis la rue Pirouette jusqu'à celle de la Cossonnerie. Elle doit ce nom aux potiers d'étain qui s'y sont établis. On la désignoit plus ordinairement sous le nom général de Piliers des Halles, et quelquefois sous celui de Petits Piliers, parce qu'il y en a un plus petit nombre de ce côté[399].
Rue des Prêcheurs. Elle aboutit d'un côté dans la rue Saint-Denis, et de l'autre à la halle. On la connoissoit sous ce nom dès le douzième siècle. Sauval dit qu'en 1300 elle s'appeloit rue aux Prêcheurs, et depuis au Prêcheur, à cause d'une maison où pendoit pour enseigne le prêcheur, et qui étoit nommée en 1381 l'hôtel du Prêcheur[400].
Jaillot croit que la maison et l'enseigne devoient leur nom à un particulier: car il dit avoir vu des lettres de Maurice de Sully, évêque de Paris, de l'an 1184[401], qui attestent que Jean de Mosterolo avoit donné à l'abbaye de Saint-Magloire ce qu'il avoit de droit in terra Morinensi, et 9 sous sur la maison de Robert le Prêcheur, Prædicatoris. Au siècle suivant, cette rue se nommoit des Prêcheurs; elle est indiquée ainsi dans un amortissement du mois de juin 1252, concernant une maison située in vico Prædicatorum[402].
Rue de la Réale. Elle donne d'un bout dans la rue de la grande Truanderie, et de l'autre sous les piliers des halles. Dans les titres du quinzième siècle, elle est appelée ruelle ou rue Jean Vingne, Vuigne, Vigne, des Vignes. Ce mot, que Jaillot croit être une altération de celui de Jean Bigne, Bingue ou Bigue, ainsi que l'écrivoit Guillot, a été le nom de plusieurs particuliers dont les actes font mention[403]. Du reste, on trouve cette rue déjà désignée sous le nom de la Réale, sur tous les plans du dix-septième siècle.
Rue Tirouane. Elle va d'un côté aux rues de Mondetour et de la Petite Truanderie, et de l'autre aux piliers des halles. On la connoît également sous le nom de rue Pirouette. Il y a apparence que ce terrain formoit anciennement deux rues, dont l'une s'appeloit Therouenne, qui est le nom du fief. Quant au nom de la seconde, il a été souvent altéré. On trouve dans la liste des rues du quinzième siècle, rue Petonnet, et rue Tironne, ou Térouenne; dans Corrozet et Bonfons, rue du Petonnet, du Peronnet, Tironnet et Teronne. Enfin elles semblent ne former plus qu'une seule rue sous le nom de Pirouet en Tiroye, en Tiroire, en Theroenne, Tirouer, Therouanne et Tirouanne; en 1413, Pierret de Terouenne; Pirouet en Therouenne dans le quinzième et le seizième siècle; enfin Pirouette en Therouenne, qui est son véritable nom.
Rue de la Tonnellerie. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Honoré, de l'autre à celle de la Fromagerie et à la halle; elle portoit ce nom dès le treizième siècle. On la trouve quelquefois désignée sous le nom de la Toilerie, parce qu'autrefois cette rue étoit distinguée en deux parties: la Tonnellerie étoit la rue ou chemin sous les piliers, l'autre côté étoit la Toilerie. On l'appeloit aussi rue des Toilières; et au quatrième livre des comptes de Marcel, en 1557, elle est indiquée rue des Toilières, qui fait front aux rues de la Tonnellerie et aux Toilières du côté de la halle au blé. On connoît plus particulièrement cette rue sous le nom des grands Piliers des Halles[404].
Rue de la Grande Truanderie. Elle traverse de la rue Comtesse d'Artois dans celle de Saint-Denis. On donne à ce nom deux étymologies: les uns le font venir du vieux mot truand, qui signifioit un gueux, un vagabond, un diseur de bonne aventure, espèce de gens que les partisans de cette étymologie supposent avoir occupé autrefois cette rue, à laquelle ils auroient donné leur nom. D'autres, et c'est le plus grand nombre, font dériver ce nom du vieux mot tru, truage, qui signifie tribut, impôt, subside. Jaillot penche pour cette dernière opinion. «De ce mot trus, dit Pasquier dans ses Recherches, vient celui de Truander, pour dire gourmander, parce que ceux qui sont destinés à exiger les tributs sont ordinairement gens fâcheux qui ont peu de pitié des pauvres, sur lesquels ils exercent les mandements du roi.» Il y a grande apparence, ajoute-t-il, qu'on donna le nom de truanderie aux rues où les bureaux de ces fermiers et receveurs étoient établis.
Guillot parle en cet endroit du carrefour de la Tour.