Rue Neuve-Saint-Sauveur. Elle aboutit dans les rues de Bourbon et des Petits-Carreaux, et fut ainsi nommée parce qu'on avoit projeté d'ouvrir une rue qui devoit traverser de la rue de Bourbon dans celle de Saint-Sauveur. Ce projet n'ayant pas été exécuté, on a donné à celle-ci le nom qu'on avoit destiné à l'autre. Anciennement elle s'appeloit rue de la Corderie, ensuite rue Boyer, du nom d'un particulier. On la trouve sous ces deux noms dans les censiers de l'archevêché: celui de 1603 la nomme rue des Corderies, alias cour des Miracles, et celui de 1622, rue Neuve-Saint-Sauveur, anciennement dite Boyer[508].

Rue Saint-Spire. Elle a été bâtie sur un emplacement de figure triangulaire qui se trouvoit entre les rues de Bourbon, de Sainte-Foi et des Filles-Dieu; elle traverse de l'une à l'autre de ces deux dernières.

Le cimetière de Saint-Sauveur étoit dans cette rue.

On y voit aussi un cul-de-sac appelé de la Grosse-Tête. On présume que ce nom lui vient de celui d'un particulier qui, en 1341, avoit sa maison dans cet endroit, ou peut-être d'une enseigne: car le censier de l'évêché, de 1372, énonce la maison de la Grosse-Tête.

Rue de Marie-Stuart.—Voyez [rue Tireboudin].

Rue Thévenot. Elle traverse de la rue des Petits-Carreaux à celle de Saint-Denis. Ce n'étoit, dans son origine, qu'un cul-de-sac dans la rue des Petits-Carreaux, qu'on appeloit, en 1372, des Cordiers, ensuite de la Cordière et de la Corderie. Elle portoit encore cette dernière dénomination, lorsqu'à la fin du dix-septième siècle on la prolongea jusqu'à la rue Saint-Denis. Le sieur André Thévenot, ancien contrôleur des rentes de l'hôtel-de-ville, y ayant fait bâtir plusieurs maisons, elle prit aussitôt son nom.

La partie du cul-de-sac qui subsistoit encore hors de l'alignement de la rue a été conservée, et forme le cul-de-sac de l'Étoile, lequel doit son nom à une enseigne.

Rue Tireboudin. Cette rue, qui aboutit d'un côté dans la rue des Deux-Portes, et de l'autre dans celle de Montorgueil, portoit anciennement un nom très-indécent, et qui se ressentoit de la simplicité, ou, pour mieux dire, de la grossièreté des mœurs de nos ancêtres. Sur le changement de nom qu'elle a éprouvé, Saint-Foix raconte, sans examen, l'anecdote suivante: «Marie Stuart, femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom: il n'étoit pas honnête à prononcer; on en changea la dernière syllabe, et ce changement a subsisté.» Celui qui a fourni ce petit conte à cet écrivain a manqué d'exactitude: car Marie Stuart, reine d'Écosse, fut mariée à François II en 1558; et dès 1419 le censier de l'évêché indique cette rue sous le nom de Tireboudin: elle porte le même nom dans le compte des confiscations pour les Anglois, en 1420 et 1421[509].

Rue de Tracy. Cette rue, percée en 1781, lorsqu'on construisit le nouveau portail de Saint-Chaumont, donne d'un côté dans la rue du Ponceau, et de l'autre dans celle de Saint-Denis. Elle portoit, dans l'origine, le nom de rue des Dames de Saint-Chaumont.

MONUMENTS NOUVEAUX ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789.