[59]: Quoique le concile de Bâle ait décidé depuis que l'opinion de l'immaculée conception devoit être embrassée par tous les catholiques, et que le concile de Trente ait fait une déclaration qui confirme cette opinion, cependant il est de fait que l'Église ne s'est point prononcée sur cette question de manière à en faire un article de foi; et que plusieurs papes, Pie V, Grégoire XV et Alexandre VII ont défendu de traiter d'hérétiques ceux qui soutenoient la doctrine contraire.

[60]: Il mourut d'un accident aussi horrible que singulier. Pour ranimer ses forces épuisées par la débauche, il avoit coutume de se faire coudre dans un drap imbibé d'eau-de-vie. Le feu y ayant pris un jour par l'imprudence d'un domestique, il fut consumé par les flammes, et périt après trois jours des plus excessives souffrances. Peu de temps avant sa mort, il avoit tenté de faire empoisonner Charles VI et sa famille.

[61]: Il accusoit le connétable de lui avoir fait perdre les bonnes grâces de ce prince.

[62]: On prétend qu'un grand fantôme noir, revêtu d'une robe blanche, ayant la tête et les pieds nus, l'air égaré et le regard furieux, s'élança subitement d'entre deux arbres, et saisit la bride de son cheval, en lui criant: Roi, ne chevauche plus avant, mais retourne, car tu es trahi. Le roi, glacé d'horreur, s'arrêta en frémissant et sans pouvoir proférer une seule parole. Quelques hommes d'armes qui se trouvoient auprès de lui frappèrent sur les mains du spectre, ce qui le contraignit à lâcher les rênes. Il se retira ensuite sans que personne songeât à l'arrêter. Saint-Foix, qui juge mieux qu'à l'ordinaire de cette époque de notre histoire, croit voir, dans cet événement singulier, une nouvelle manœuvre des indignes princes qui obsédoient l'infortuné monarque; et il est difficile en effet d'en juger autrement.

[63]: Le roi, fatigué de tant de tentatives inutiles, ne vouloit plus absolument voir de médecins, lorsque le maréchal de Sancerre, qui commandoit en Guienne, lui envoya deux moines augustins de ce pays-là, qui passoient pour très-habiles dans la médecine et dans l'astrologie. Ces deux hommes osèrent accuser le duc d'Orléans d'avoir jeté un sort sur le roi son frère. L'accusation étoit insensée de toutes manières: ayant été interpellés d'en donner des preuves, et n'ayant pu le faire, ils furent condamnés à mort et exécutés. C'est à cette occasion que fut donnée la déclaration qui accorde des confesseurs aux criminels, ce qui auparavant ne se pratiquoit pas en France. Ce fut Pierre de Craon qui sollicita cette déclaration.

[64]: On soupçonnoit entre eux quelque intrigue galante; et le caractère de tous les deux rend ce soupçon très-vraisemblable.

[65]: Voyez p. [76].

[66]: Lorsqu'il ne donna plus aucun signe de vie, les assassins approchèrent un flambeau, pour voir s'il étoit mort. Alors un homme, dont le visage étoit caché sous un chaperon vermeil, sortit de l'hôtel Notre-Dame: il tenoit une massue, dont il déchargea un dernier coup sur le prince, en disant: Éteignez tout, allons-nous-en, il est mort. Étoit-ce le duc de Bourgogne? (Villaret.)

[67]: Les valets de pied qui l'accompagnoient s'étoient enfuis; un seul, nommé Jacob, voyant son maître renversé, se jeta sur lui, essayant de lui faire un rempart de son corps. On le trouva expirant lorsqu'on vint relever le corps du duc: Haro, monseigneur mon maître, s'écria ce fidèle et courageux serviteur, et il rendit les derniers soupirs.

[68]: Il fit rompre le pont de Sainte-Maxence, pour arrêter ceux qui pourroient le poursuivre; et ayant trouvé des chevaux préparés sur la route, il arriva en six heures à Bapaume. En mémoire de son heureuse délivrance, ce prince ordonna qu'on y sonneroit à perpétuité l'Angelus à une heure après midi. Ces pratiques de dévotion; mêlées aux crimes les plus exécrables sont des traits qui caractérisent ce siècle.