[149]: Le duc de La Feuillade y parut à cheval, et fit trois fois le tour du monument, suivi du régiment des gardes, dont il étoit colonel; à quoi il ajouta toutes les prosternations que les Romains faisoient autrefois devant les statues de leurs empereurs. Le prévôt des marchands et les échevins assistèrent à cette cérémonie. Il y eut le soir un grand feu d'artifice devant l'Hôtel-de-Ville, et des feux de joie dans toutes les rues de Paris.

[150]: Cet arrêt étoit motivé sur des raisons de police si frivoles, qu'elles en sont presque ridicules: «Les habitants des maisons de cette place étoient, disoit-on, incommodés par l'attroupement des fainéants et des vagabonds qu'attiroit la lumière de ces fanaux.» On n'a pu découvrir la véritable cause d'une semblable détermination, que quelques personnes ont attribuée à ce distique assez plaisant qu'un Gascon afficha, dit-on, sur le piédestal de la statue.

La Feuillade, sandis, je crois que tu me bernes,
De placer le soleil entre quatre lanternes.

[151]: Les dégradations de ce monument ont commencé quelques jours avant la fédération du 14 juillet 1790. Alors les quatre figures d'esclaves furent enlevées et déposées dans la cour du Musée; on les a depuis transportées aux Invalides, où elles sont encore. Les quatre bas-reliefs avoient été déposés au Musée des monuments françois, et adaptés au soubassement d'une colonne triomphale qui ornoit le jardin de cette maison. Quant à la statue, elle fut abattue le 10 août.

La représentation que nous donnons du monument entier est d'autant plus précieuse, qu'il n'en existe, même à la bibliothèque, que des gravures grossières qui n'en peuvent donner aucune idée satisfaisante. Celle-ci a été faite sur un dessin très-exact, exécuté, d'après le monument même, par un artiste distingué.

[152]: Il s'étoit fait avantageusement connoître à la bataille de Rethel, en 1650; aux siéges de Mouson, de Valenciennes, d'Arras, etc. Il ne se fit pas moins remarquer au combat de Saint-Gothard contre les Turcs, en 1664, ainsi que dans la campagne du roi en Franche-Comté, où il emporta le fort Saint-Étienne l'épée à la main.

[153]: Il étoit prieur commendataire de ce bénéfice, situé dans le diocèse de Grenoble, non loin de Mont-Meillan.

[154]: L'emplacement cédé par la reine Marguerite consistoit en un terrain précédemment occupé par les frères de la Charité, et une portion du petit pré aux Clercs, contenant six arpents, qu'elle avoit pris à cens et à rentes de l'université; ce qui formoit en partie cet espace que nous voyons environné du quai Malaquais et des rues des Petits-Augustins, Jacob et des Saints-Pères, emplacement qu'elle avoit d'abord destiné à faire les jardins de son hôtel, situé rue de Seine.

[155]: Saint-Foix, qui a fait de ses Essais sur Paris un recueil d'épigrammes, dit à ce sujet: Assurément ces pères n'aimoient pas la musique, car ils s'obstinèrent à ne vouloir que psalmodier. On voit combien cette froide plaisanterie porte à faux. Mais ce qui est réellement plaisant, c'est de voir avec quelle complaisance tous les auteurs de Manuels, de Voyages, de Promenades, de Miroirs, et autres ouvrages de ce genre sur Paris, ont servilement répété ce quolibet de Saint-Foix, et mille autres qui, pour la plupart, n'ont pas de fondement plus solide que celui que nous relevons ici.

[156]: L'abbé Lebeuf place ce retour en 1623, les historiens de Paris en 1629; mais ces dates ne conviennent ni à leur premier établissement à Paris en 1608, ni à ceux qu'ils ont eus depuis, soit à Paris, soit aux environs. Sauval s'est encore trompé en disant qu'ils avoient été établis avant cette époque dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye, puisque le roi ne leur donna la chapelle des Loges, située dans cette forêt, qu'en 1626; que la reine Anne d'Autriche ne fit bâtir leur église qu'en 1644; et qu'enfin elle ne s'en déclara la fondatrice que par ses lettres-patentes du mois de février 1648. C'est également sans fondement que l'abbé Lebeuf place au même endroit des ermites de Saint-Augustin, dans le seizième siècle.