3o. Les registres du parlement portent que le 29 mai, avant l'aurore, le duc de Bourgogne étant entré dans Paris, le parlement suspendit ses fonctions, et ne les reprit que le 25 juillet suivant.

4o. La chapelle de Notre-Dame de la Carole, qui étoit au rond-point ou chevet de l'église de Saint-Martin-des-Champs, et la statue qu'on y voyoit, existoient sous ce nom avant le règne de Charles VII; enfin, ce n'est que sur la tradition de l'événement dont il s'agit qu'on plaça à l'entrée de cette chapelle un tableau qui en représentoit les diverses circonstances.

Quoi qu'il en soit, il y avoit un grand concours de peuple dans cette rue le 3 juillet de chaque année; le soir on y allumoit un feu d'artifice, et l'on brûloit ensuite une figure d'osier revêtue de l'habit des Suisses. Cette nation réclama contre un usage qui lui étoit injurieux, et dont elle avoit d'autant plus lieu de se plaindre qu'il n'y avoit point de Suisses en France à l'époque où l'on suppose que cet événement arriva. Sous le règne de Louis XV, le gouvernement fit cesser ces justes plaintes; et l'on supprima d'abord le feu d'artifice, qui d'ailleurs, dans un endroit si resserré, pouvoit occasionner des incendies. Toutefois la coutume de promener le même jour dans Paris une figure gigantesque et ridicule, qui n'étoit propre qu'à effrayer les femmes enceintes et les enfants, subsista encore quelque temps, et ne fut abolie que peu d'années avant la fin de la monarchie.

[504]: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 44.

[505]: Arch. de l'archev.

[506]: La Nouvelle-France étoit autrefois une des guinguettes de Paris.

[507]: Cette division avoit été adoptée dans ces derniers temps; mais, dans la dernière nomenclature, la rue entière étoit désignée sous le nom de rue du Ponceau.

[508]: Dans cette rue est la cour des Miracles. Ce nom étoit commun à tous les endroits où se retiroient autrefois les gueux, les vagabonds et gens sans aveu, et celui-ci étoit un des plus considérables. Cette cour consistoit en une place assez vaste et un très-grand cul-de-sac[508-A]. On assure qu'avant qu'on enfermât les mendiants dans l'Hôpital-Général, à Bicêtre, etc., on y comptoit plus de cinq cents familles entassées les unes sur les autres.

Ce fut par antiphrase que l'on donna aux lieux qui étoient habités par de pareilles gens, le nom de cour des miracles, parce que ces gueux, qui pendant la journée erroient dans la ville, contrefaisant les malades et les estropiés, trouvoient, sans miracle, en rentrant le soir dans leur repaire, la santé la plus parfaite et le libre usage de leurs membres.

Dans les années qui précédèrent la révolution, on avoit établi dans cette cour, et du côté de la rue Bourbon-Villeneuve, une halle au poisson qui n'existe plus.