Rue Montmartre. La partie de cette rue qui dépend de ce quartier ne commence qu'à la rue Neuve-Saint-Eustache, et aboutit au boulevart. Dans cette rue se trouve le cul-de-sac de Saint-Pierre, qui doit ce nom à la rue Saint-Pierre dont il est voisin. En 1622 il portoit le nom des Mazures. Il prit ensuite celui de cul-de-sac de la rue Neuve-Montmartre; puis des Marmouzets. La Caille et Piganiol le nomment Gourtin et Saint Pierre Gourtin.
Il y avoit encore autrefois dans cette rue un autre cul-de-sac nommé cul-de-sac des Commissaires. C'étoit anciennement une rue nommée de l'Arche, parce qu'elle étoit ouverte sur le fief de l'Arche, autrefois Saint-Mandé. Lorsqu'on eut coupé cette rue, la partie qui subsista fut nommée cul-de-sac de l'Épée Royale, comme on peut le voir dans de Chuyes; c'étoit le nom d'une enseigne. En 1647, il le quitta pour prendre celui d'un particulier appelé Ragouleau. Ce cul-de-sac est désigné sous ce nom dans un censier de l'archevêché de 1663. Enfin on lui avoit donné celui des Commissaires, nous ignorons à quelle occasion.
Rue du Faubourg-Montmartre. Elle va du boulevart à l'abbaye de Montmartre, en comprenant sous ce nom la rue des Martyrs dont nous venons de parler[202].
Rue des Fossés-Montmartre. Elle traverse de la rue Montmartre à la place des Victoires. Avant la construction de cette place, elle s'étendoit jusqu'à la rue des Petits-Champs, en face de l'hôtel de la Vrillière, aujourd'hui de Toulouse. Cette rue doit son nom au fossé qui se prolongeoit jusqu'à la porte Montmartre, et c'est sur son emplacement qu'elle a été bâtie. Elle fut d'abord nommée rue du Fossé, des Fossés. Cependant dès 1647 elle portoit le même nom qu'aujourd'hui.
Rue Saint-Nicolas. Voyez [rue de l'Égout].
Rue Papillon. C'est une petite rue de traverse ouverte depuis 1780 qui donne d'un côté dans la rue Monthalon, et de l'autre dans celle d'Enfer.
Rue le Pelletier. C'est une rue nouvelle percée peu de temps avant la révolution, et qui donne sur le boulevart et dans la rue de Provence.
Rue des Petits-Pères. Elle aboutit d'un côté aux rues de la Vrillière et de la Feuillade, de l'autre au coin de la rue Vide-Gousset. C'est une continuation de l'ancien mail et de la rue qui en porte le nom. Elle doit le sien au couvent des religieux augustins réformés, vulgairement appelés Petits-Pères.
Rue Pétrelle. Voyez [rue de la Rochefoucault].
Rue Saint-Pierre. Elle aboutit d'un côté dans la rue Montmartre, de l'autre, dans celle de Notre-Dame-des-Victoires. Elle doit son nom à une maison qui avoit pour enseigne l'image de Saint-Pierre. Elle prit en 1603 celui de Pénécher, d'un particulier qui y demeuroit. On en fit ensuite par corruption la rue Péniche; puis en 1666 rue Péniche, dite de Saint-Pierre. Il paroît qu'elle avoit été ouverte sur un terrain que les titres du seizième siècle appellent le clos Gautier, autrement des Mazures, et le petit chemin herbu.