On déterra encore à peu de distance de là, depuis la révolution, et en creusant la terre pour établir les fondations de la nouvelle Bourse, plusieurs fragments de poterie romaine, et deux poids antiques de verre[206].
Nous apprenons de Frodoart[207] que sur le penchant de ce monticule, et vers le nord, il existoit un vieil édifice qui fut renversé en 944, par un ouragan très-violent. On présumoit que c'étoient les restes d'un temple consacré à quelque divinité du paganisme, et probablement au dieu Mars, dont ce lieu avoit reçu le nom.
Des fouilles ayant été ordonnées dans cet endroit en 1737 et 1738, et d'après l'indication laissée par cet ancien historien, on y découvrit les restes d'un bâtiment dont le plan offroit un parallélogramme divisé en cellules, dont quelques-unes contenoient des fourneaux. On y reconnut les vestiges de deux chambres cimentées intérieurement et extérieurement; du côté du midi, un canal qui descendoit de la fontaine du Buc, apportoit l'eau dans cet édifice; et cette eau y pénétroit par une ouverture voisine des fourneaux. L'abbé Lebeuf, qui avoit suivi les travaux de ces fouilles, a cru y voir une maison de bains particuliers. M. de Caylus, qui recueillit depuis avec le plus grand soin toutes les notions relatives à ces recherches, pensa que ce pouvoit être un bâtiment destiné à des fonderies. Tous les deux s'accordent à n'y point reconnoître un temple payen. Dans les ruines de ce même édifice, furent trouvés un vase de terre d'un travail grossier, et une tête de bronze grande comme nature[207].
Au bas de cette même montagne, et dans la partie opposée, on découvrit encore, en creusant un puits, deux fragments de bas-reliefs en marbre blanc, offrant des enfants ailés qui montent sur un char; un bras de bronze qui a dû appartenir à une statue d'environ huit pieds de proportion, un petit buste et quelques fragments de poterie romaine.
MONUMENTS NOUVEAUX
ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS DEPUIS 1789.
Place des Victoires. La statue colossale du général Desaix, tué à la bataille de Marengo, y a occupé quelques années la place où s'élevoit auparavant le monument de Louis XIV; et c'étoit là une de ces idées heureuses qui ne pouvoient entrer que dans une tête comme celle de Buonaparte. Cette statue étoit en bronze, et représentoit ce général entièrement nu, (ce qui étoit encore dans les convenances de ce temps-là), tenant une épée de la main droite, et affublé d'un petit manteau jeté sur l'épaule gauche. Même avant la fin du règne de l'usurpateur, on fut obligé de détruire ce monument monstrueux et ridicule tout à la fois; et rien jusqu'à la restauration ne l'avoit remplacé.
La statue de Louis XIV va reprendre la place qui lui appartient. Le grand monarque y sera représenté à cheval, et M. Bosio est chargé de l'exécution de ce monument.
Église des Petits-Pères. Cette église, qui a été rendue au culte, possède deux nouveaux tableaux dont la ville de Paris lui a fait présent, et que l'on a placés dans le chœur. L'un représente la Conversion de saint Augustin, l'autre, la Vision de sainte Monique. Tous les deux ont été exécutés par M. Gailliot, et forment le complément de l'Histoire de Saint-Augustin, dont les principaux événements ont été retracés dans les six tableaux de Carle Vanloo, déjà mentionnés.
À l'entrée de l'église, à gauche et au-dessus du bénitier, on a gravé sur une table de marbre, avec sa traduction latine, ce vers grec rétrograde qui est très-connu,
Νἱψον ανομεματα με μοναν οψιν.