Colbert, représenté à genoux sur un sarcophage de marbre noir, avoit les yeux fixés sur un livre qu'un ange tenoit ouvert devant lui; la Religion et l'Abondance, grandes comme nature, étoient assises des deux côtés du monument. La figure du ministre et celle de l'Abondance étoient de Coyzevox; celles de l'ange et de la Religion, de Tuby[228].
Des médaillons de bronze représentoient Joseph occupé à faire distribuer du blé au peuple d'Égypte, et Daniel donnant les ordres du roi Darius aux satrapes et aux gouverneurs de Perse; sur les jambages de l'arcade, sous laquelle étoit posé le tombeau, on lisait plusieurs passages de l'Écriture.
J.-B. Colbert, marquis de Seignelay, fils aîné du ministre, mort en 1690, fut inhumé dans le même tombeau.
Vis-à-vis de ce monument, et sur un des piliers de la nef, un bas-relief de marbre blanc représentait l'Immortalité soutenant le buste de Martin Cureau de La Chambre, médecin ordinaire de Louis XIV, et membre de l'Académie françoise, mort en 1669, à l'âge de soixante-quinze ans. Ce morceau, que l'on a vu aussi au Musée des monuments françois, avoit été exécuté par Tuby, d'après les dessins du Cavalier Bernin.
Plusieurs autres personnages illustres, soit par leur naissance, soit par leurs talents, avoient encore leur sépulture dans cette église. Les plus remarquables étoient:
René Benoît, docteur de Sorbonne, d'abord curé de Saint-Eustache, puis nommé à l'évêché de Troie[229], mort en 1608. Il fut un de ceux qui, en 1593, furent appelés pour instruire Henri IV dans la religion catholique.
François d'Aubusson de La Feuillade, pair et maréchal de France, mort en 1691. Nous avons déjà parlé de ce personnage en donnant la description de la place des Victoires.
Anne-Hilarion de Constantin, comte de Tourville, vice-amiral, maréchal de France, et l'un des plus grands hommes de mer qu'elle ait possédés, mort en 1701.
Gabriel-Claude, marquis d'O, lieutenant-général des armées navales du roi, mort en 1728.
Gabriel-Simon, marquis d'O, brigadier des armées du roi, mort en 1734, âgé de trente-sept ans. En lui finit la maison d'O, l'une des plus anciennes de la Normandie.