Cet hôtel passa ensuite à M. Fleuriau d'Armenonville, secrétaire d'état, et au comte de Morville son fils, ministre secrétaire d'état aux affaires étrangères; il portoit encore le nom d'hôtel d'Armenonville, lorsqu'en 1757 le roi le fit acheter pour y placer les bureaux des postes. On y fit alors les constructions et distributions nécessaires à sa nouvelle destination[267].
La maison de l'intendant-général des postes est renfermée dans l'enceinte de cet hôtel. Sa porte d'entrée, qui donne sur la rue Coq-Héron, est accompagnée de deux pavillons.
Hôtel de Toulouse.
Cet hôtel fut bâti vers l'an 1620, sur les dessins de François Mansard, pour Raymond-Phelypeaux de la Vrillière, secrétaire d'état; en 1701 il fut vendu à M. Rouillé, maître des requêtes; enfin le comte de Toulouse, qui l'acheta en 1713, lui donna le nom qu'il n'a point cessé de porter jusqu'aux derniers temps de la monarchie. Cet hôtel est situé en face de la petite rue de la Vrillière. Le portail, que l'on a long-temps admiré, passoit pour un des ouvrages les plus remarquables de Mansard.
Cet édifice, bâti sur un terrain irrégulier, s'étend le long de la rue Neuve-des-Bons-Enfants jusqu'à la rue Baillif. Il n'offre rien dans sa construction de vraiment beau; et dans un temps où l'on n'étoit pas difficile en architecture, on y trouvoit déjà de grands défauts.
Les vastes et nombreux appartements qu'il renferme étoient décorés avec un luxe d'ornements prodigieux. La galerie et les cabinets contenoient une collection de tableaux de grands maîtres, qui jouissoit de beaucoup de réputation. Formée par le comte de Toulouse, elle avoit été augmentée par son fils M. le duc de Penthièvre, qui, à l'époque de la révolution, habitoit cet hôtel avec madame la princesse de Lamballe sa fille.
Le grand escalier intérieur, placé dans l'aile gauche, conduisoit à une salle dite des Amiraux, et ainsi appelée parce qu'on y voyoit les portraits de tous les amiraux de France, depuis Florent de Varennes, qui vivoit en 1270, jusqu'à M. le duc de Penthièvre inclusivement[268].
Cet hôtel, situé dans la rue Croix-des-Petits-Champs, a eu autrefois quelque célébrité, moins à cause du nom qu'il portoit, que parce qu'il étoit le seul endroit où l'on tolérât autrefois les jeux de hasard, ces jeux que, depuis, la sagesse de nos rois avoit entièrement supprimés, et que l'on a vus l'objet des spéculations fiscales, et pour ainsi dire des encouragements de tous les gouvernements révolutionnaires qui se sont succédé. En 1750, une compagnie d'assurances en avoit fait aussi le lieu de ses assemblées; et c'est pourquoi on y voyoit sculptées sur la porte les armes du roi, avec une ancre de vaisseau.