Rue du Pont-aux-Choux. Elle fait la continuation de la rue de l'Oseille, depuis la rue Saint-Louis jusqu'au boulevart. Ce n'étoit, dans le principe, qu'un chemin qui conduisoit à des marais où l'on cultivoit des choux et autres légumes. À l'endroit[514] où elle commence étoit un ponceau ou petit pont, pour traverser l'égout que la rue Saint-Louis couvre aujourd'hui, et ce pont étoit appelé le pont Saint-Louis, ou le Pont-aux-Choux. Il en est fait mention dans un procès-verbal d'arpentage, du 2 janvier 1624, lequel se trouvoit dans les archives de l'archevêché.
Rue Porte-Foin. Elle va de la rue du Temple dans celle des Enfants-Rouges. Sauval dit[515] qu'en 1282 elle se nommoit la rue des Poulies, et Richard-des-Poulies; que depuis Jean Porte-Fin y ayant élevé un grand logis, le peuple donna son nom à la rue, et que ce nom a été changé depuis en celui de Porte-Foin. Quand on eut établi dans cette rue l'hôpital des Enfants-Rouges, le peuple lui donna aussitôt le nom de rue des Enfants-Rouges, et des Bons-Enfants, comme on le voit sur quelques plans; mais elle a repris le nom de Porte-Foin, qu'elle portoit long-temps avant l'établissement de cet hôpital[516].
Rue des Douze-Portes. Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Louis, et de l'autre à la rue Saint-Pierre. Son premier nom étoit celui de Saint-Nicolas. Sauval dit[517] qu'elle le devoit à M. Nicolas Le Jai, premier président, qui en étoit propriétaire. Elle a pris celui qu'elle porte de douze maisons dont elle étoit composée.
Rue du Roi-Doré. Elle traverse de la rue Saint-Gervais dans celle de Saint-Louis. Cette rue a d'abord été nommée rue Saint-François; elle est ainsi désignée dans le procès-verbal d'alignement du 4 juillet 1620, et dans celui de 1636 elle est nommée Françoise. Enfin on lui donna le nom de rue du Roi-Doré, à cause d'un buste doré de Louis XIII, qu'on avoit placé à l'une de ses extrémités.
Rue de la Roulette[518]. Cette rue n'est connue comme telle que depuis le milieu du dernier siècle. C'est la continuation de la rue du Mesnil-Montant, depuis la rue de la Folie-Moricourt jusqu'à celle du Bas-Popincourt. Son nom est dû à ces anciens bureaux des commis des fermes préposés pour empêcher la fraude. On les appeloit roulettes, parce qu'ils étoient montés sur des roulettes pour être plus facilement transportés d'un lieu à un autre.
Rue de Saintonge. Elle va de la rue de Bretagne au rempart. On la continua jusqu'à la rue de Boucherat en 1697. Ensuite on décida de la continuer jusqu'au boulevart, sous le nom de rue de Montigni, ce qui ne fut point exécuté.
Vieille rue du Temple[519]. La partie de cette rue qui dépend de ce quartier commence aux coins des rues de la Perle et des Quatre-Fils, et finit au carrefour des Filles-du-Calvaire. On la nommoit autrefois rue de la Couture, Culture, et Clôture du Temple, parce qu'elle aboutissoit à cet édifice; puis, rue de l'Égout du Temple à cause de l'égout qui passoit en cet endroit. Enfin on la trouve désignée sous les noms de rue de la Porte Barbette, de la Poterne Barbette, rue Barbette et Vieille-Barbette. Elle devoit ces noms à l'hôtel Barbette, dont il sera parlé au quartier Saint-Antoine.
Rue du Temple. Cette rue qui fait la continuation de la rue Sainte-Avoie, et aboutit au boulevart, doit son nom à la maison des Templiers, à laquelle elle conduisoit. Dès 1235 on l'appeloit vicus militiæ Templi, et en 1252 rue de la Chevalerie du Temple.[520] Elle a été prolongée jusqu'au boulevart en 1697[521].
Rue du Faubourg-du-Temple. Le nom de cette rue est dû au Temple, au-delà duquel elle est située. Nous avons déjà dit que, dès avant le règne de Charles IX, il y avait déjà en cet endroit quelques maisons, dont le nombre, s'étant successivement augmenté, a formé ce faubourg. On trouve dans les archives de Saint-Merri qu'au treizième siècle cet endroit s'appeloit le clos de Malevart, et qu'il fut donné à titre d'échange au chapitre en 1175[522].
Rue des Fossés-du-Temple. Elle conduit du faubourg du Temple au Pont-aux-Choux, le long des fossés dont elle a tiré son nom.