SÉPULTURES.
Dans une chapelle de cette église on voyoit le mausolée de Guillaume du Vair, garde des sceaux de France, et depuis évêque de Lisieux, mort en 1621[244]. Plusieurs personnes de sa famille avoient été inhumées dans la même chapelle.
Il y avoit une autre chapelle destinée à la sépulture de la famille de Grien.
Le chœur occupoit la plus grande partie de l'église, et l'on admiroit les vitraux du chevet, d'une très-grande hauteur et d'une exécution très-délicate.
Les corridors, dortoirs et réfectoire, ainsi que l'escalier, étoient vastes et bien entretenus. La bibliothèque, peu considérable, ne contenoit que des livres de théologie, au nombre de cinq à six cents volumes.
Cette maison, composée d'un proviseur, de deux professeurs en théologie, d'un procureur, d'un sous-prieur, d'un sacristain et des étudiants, étoit la résidence du procureur-général de l'ordre. Les abbés de Cîteaux, de Clairvaux et de Pontigny y avoient chacun leur hôtel.
Les Bernardins prétendoient posséder depuis 1251 le crâne de saint Jean-Chrysostôme, que le pape Alexandre VI avoit envoyé à Clairvaux. Il y avoit, en 1497, dans leur église, une chapelle de Saint-Yves, qui étoit un titre[245].
L'ÉGLISE
SAINT NICOLAS DU CHARDONNET.
Cette église a pris son nom du fief du Chardonnet, sur le territoire duquel elle est bâtie. Ce fief s'étendoit entre la Seine et la Bièvre, depuis le clos Mauvoisin, c'est-à-dire depuis la rue de Bièvre, où il finissoit, jusqu'à l'ancien canal de la rivière de Bièvre, tel qu'il subsiste aujourd'hui. Ce fut en 1230 que Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris, ayant obtenu de l'abbaye Saint-Victor cinq quartiers de terre, y fit bâtir une chapelle[246], que l'on doit regarder comme la première époque de la fondation de Saint-Nicolas. Il est vrai que les historiens de Paris ne fixent qu'en 1243 l'érection de cette chapelle en église paroissiale[247]; mais Jaillot les a réfutés avec sa critique ordinaire, et, soutenu des titres les plus authentiques, il prouve jusqu'à l'évidence que la cure de Saint-Nicolas existoit avant 1243, et que ces historiens ont pris la construction d'une nouvelle église, ou l'agrandissement de celle qui existoit déjà depuis treize ans, pour l'époque de l'érection d'une chapelle en cure[248].
Le même critique attaque avec un égal succès ceux qui veulent lui donner une plus haute antiquité que cette année 1230; il démontre parfaitement que Dubreul, Malingre et Sauval ont eu tort de citer une bulle qu'ils attribuent à Alexandre III, et dont ils se sont appuyés pour avancer que cette église existoit dès 1166. Cette bulle, qui fait mention d'une rente de 25 liv., affectée aux clercs de matines à Notre-Dame sur les revenus de la cure de Saint-Nicolas du Chardonnet, ne peut être que du pape Alexandre IV, lequel fut élu le 25 décembre 1254; et toutes les circonstances qui accompagnent cet acte concourent à fortifier cette démonstration[249].