C'étoit un monument qui, du reste, n'avoit rien de remarquable: sous le maître-autel étoit une chapelle souterraine soutenue sur six piliers, où il y avoit trois autels. La salle capitulaire étoit située sur la droite du chœur.
CURIOSITÉS.
SÉPULTURES.
Au milieu du chœur avoit été inhumé le célèbre Pierre Lombard, dit le maître des sentences, mort en 1164, ainsi que le marquoit l'épitaphe placée sur sa tombe[318].
Le chapitre de Saint-Marcel avoit la préséance sur les deux autres, qui, comme lui, étoient qualifiés du nom de filles de M. l'archevêque. Les canonicats étoient à la nomination de ce prélat. Le chapitre nommoit le doyen et les chapelains, et avoit en outre le droit de nommer aux cures de Saint-Martin, de Saint-Hilaire, de Saint-Hippolyte, et à celle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, conjointement avec le chapitre de Saint-Benoît.
Sa juridiction s'étendoit autrefois sur le bourg Saint-Marcel, le mont Saint-Hilaire et partie du faubourg Saint-Jacques; on l'appeloit la châtellenie Saint-Marcel. Cette justice fut supprimée et unie au châtelet en 1674; mais en 1725 M. Colonne Du Lac obtint que le chapitre auroit la haute justice dans l'étendue du cloître, et la moyenne dans tout ce qui composoit sa seigneurie, laquelle s'étendoit assez avant dans la plaine d'Ivry. L'audience se tenoit dans une maison du cloître.
Le bourg qui s'étoit formé autour de l'église Saint-Marcel, et qui en avoit reçu le nom, étoit séparé de celui de Saint-Médard par la rivière de Bièvre. Des lettres de Philippe-le-Bel, données en 1287, prouvent qu'à cette époque ce lieu n'étoit point encore considéré comme faisant partie des faubourgs de Paris. Il s'accrut tellement par la suite qu'il en reçut le nom de ville, et c'est sous ce titre qu'il est désigné dans les lettres-patentes de Charles VI de l'année 1410[319]. Les faubourgs s'étant eux-mêmes considérablement augmentés dans le quinzième siècle et les suivants, et ceux qui régnoient de ce côté s'étant prolongés jusqu'au bourg Saint-Marcel, il commença à être mis lui-même au nombre des faubourgs de Paris. On le nomme vulgairement Saint-Marceau[320].
L'ÉGLISE SAINT-MARTIN.
Cette petite église étoit située dans le cloître Saint-Marcel, et dépendoit de cette collégiale. La plupart de nos historiens, trompés par la date de la dédicace qu'en fit M. de Beaumont, évêque de Paris, s'accordent à dire qu'elle ne fut érigée en paroisse qu'en 1480. L'abbé Lebeuf a prouvé, par le Pouillé de 1220, que, dès ce temps-là, elle étoit église paroissiale. Quant à son origine, on ne peut en déterminer au juste l'époque. Le plus ancien auteur qui en fasse mention est le continuateur de la Chronique de Sigebert de Gemblours; il en parle à l'an 1129, et ne la qualifie que de petite église, ecclesiola sancti Martini; Albéric lui donne le même nom; et une bulle d'Adrien IV, de 1158, en fait également mention sous le simple titre de chapelle. En la considérant sous ce dernier rapport, il seroit possible qu'elle eût une plus haute antiquité: on sait que l'ancien usage étoit de construire des chapelles auprès des basiliques, et tout porte à croire que, peu de temps après la reconstruction de Saint-Marcel, on aura bâti celle-ci, et qu'on y aura mis un prêtre pour la desservir et pour y administrer les sacrements aux habitants du cloître[321].
Le chœur de cette église fut sans doute reconstruit en 1544, car on voit que le 12 mai de cette année l'évêque de Mégare obtint la permission de la bénir. Elle fut considérablement augmentée en 1678[322].
CURIOSITÉS DE L'ÉGLISE SAINT-MARTIN.
TABLEAUX.