Deux petits tableaux de Le Sueur, également sans indication de sujets.
Dans la nef, plusieurs grands tableaux donnés par les paroissiens, et exécutés par Boisot, Martin, Challe, Clément et Briard.
SÉPULTURES.
Dans une chapelle au fond de l'église, à droite, avoit été inhumé M. Le Prêtre de Neubourg fils.
CIRCONSCRIPTION.
Elle commençoit au coin supérieur de la rue des Trois-Couronnes, dont elle avoit tout le côté droit en montant. Elle se portoit ensuite dans la campagne, d'où elle revenoit enfermer les Gobelins et les Filles-Angloises, établies au Champ-de-l'Alouette. Elle se prolongeoit ensuite dans le chemin de Gentilli; l'abbé Lebeuf ajoute qu'anciennement sa juridiction s'étendoit jusque dans le bourg de Notre-Dame-des-Champs, dont plusieurs maisons furent détachées, sous le règne de Louis XIII, pour former la paroisse de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Le curé de Saint-Hippolyte fut dédommagé de ce démembrement.
La cure de cette paroisse étoit à la nomination du chapitre de Saint-Marcel.
LES CORDELIÈRES.
La véritable époque de la fondation de ces religieuses à Paris n'est pas bien connue. La plupart de nos historiens se sont contentés de rapporter qu'en 1270 Thibauld VII, comte de Champagne et roi de Navarre, établit et dota des Cordelières près de Troyes; qu'il leur donna des revenus suffisants, et leur fit bâtir un monastère, dont elles prirent possession en 1275; que l'endroit qu'elles occupoient n'étant ni sain ni commode, elles le quittèrent en 1289, pour venir s'établir à Paris au faubourg Saint-Marcel. Dubreul[327], qui, le premier, nous a fait connoître ces circonstances de leur établissement; ajoute qu'un chanoine de Saint-Omer, nommé Gallien de Pises, fut le fondateur de ce nouveau couvent, au moyen d'un legs qu'il fit à ces religieuses, lequel consistoit en trois maisons qu'il avoit à Lorcines, un pré et une partie de bois situés dans le même lieu; et qu'il pria humblement la reine Marguerite de Provence, en faveur de laquelle il avoit fait cette dotation, de vouloir bien se charger de poursuivre cette affaire, ce qu'elle accepta volontiers, etc.
Piganiol, qui copie ce récit ajoute[328], qu'on ne voit pas que cette reine ait fait à ce couvent d'autre bien que d'avoir fait bâtir une maison contiguë, dans laquelle elle se retira quelque temps avant sa mort, et qu'elle leur donna par des lettres de l'an 1294, avec ses dépendances, toutefois sous la condition qu'elles ne pourroient, en aucune manière, l'aliéner, et qu'elles en laisseroient la jouissance à Blanche sa fille, sa vie durant. Ces faits sont certains, mais il n'est pas également vrai que Gallien de Pises puisse être regardé comme le premier fondateur de ce couvent; et il est remarquable que Guillaume de Nangis, auteur contemporain, cité comme garant de ce fait par Piganiol, dit précisément le contraire, c'est-à-dire que «ce fut Marguerite de Provence, femme du très-saint roi Louis, qui établit et fonda à Saint-Marcel un couvent des sœurs mineures, dans lequel elle mourut en 1295, après y avoir long-temps vécu.» Hæc Parisiis apud sanctum Marcellum cænobium sororum minorum in quo honestissimè diu vixit, constituit et fundavit. C'est donc à cette reine et non au chanoine de Saint-Omer qu'il faut attribuer la fondation des Cordelières; et l'on ne peut douter que cette fondation ne soit antérieure au testament de ce dernier. C'est du moins ce qu'ont pensé les historiens de la ville, de l'église et de l'université de Paris, les auteurs du Gallia Christiana, Mézerai, etc.[329]