Dans la chapelle Saint-Charles, Charles Brulart de Léon, ambassadeur de France dans plusieurs cours de l'Europe, mort en 1649. Son buste, en marbre blanc, étoit placé sur un piédestal de marbre noir[509].

Dans la chapelle suivante, Jérôme Tuillier, procureur-général de la chambre des comptes, mort en 1633; et Élisabeth Dreux, son épouse, morte en 1619. Leur tombeau, en pierre, étoit surmonté d'un ange en marbre blanc, tenant dans ses mains une tête de mort[510].

Dans la chapelle Saint-Augustin, sur une grande table de marbre blanc étoit gravée l'épitaphe du célèbre généalogiste Bernard Chérin, mort en 1785. Son portrait, en bronze et en médaillon, étoit placé au-dessus[511].

Dans un coin de cette chapelle, deux statues, en marbre blanc, agenouillées, offraient les images de Nicolas de Grimonville, baron de l'Archant, capitaine des gardes de Henri III et Henri IV, mort en 1592, et de Diane de Vivonne, sa femme[512].

La bibliothèque, placée dans une très-belle salle, étoit composée d'environ vingt-cinq mille volumes. Elle possédoit quelques manuscrits curieux, et l'on y voyoit deux beaux globes de Coronelli.

Les religieux de ce monastère, objets particuliers de la protection de nos souverains, en avoient obtenu les distinctions les plus honorables: ils avoient été qualifiés chapelains du roi, et en exerçoient les fonctions, certains jours de l'année, à la Sainte-Chapelle; ils jouissoient en outre de plusieurs autres priviléges très-avantageux. Ce fut dans leur église que Henri III institua l'ordre du Saint-Esprit, le 1er janvier 1579; et depuis elle fut désignée pour toutes les cérémonies de cet ordre[513]. Ce prince y reçut celui de la Jarretière en 1585, et y établit sa fameuse confrérie des Pénitents. Elle avoit été choisie par le parlement pour la procession générale qui se faisoit tous les ans en mémoire de la réduction de Paris sous Henri IV. Le clergé de France tenoit ses assemblées dans le couvent; et dans diverses occasions le parlement, la chambre des comptes, le châtelet et des commissaires du conseil y ont aussi tenu des séances; etc. Enfin cinq salles, que les curieux ne manquoient pas de visiter, étoient destinées aux chevaliers du Saint-Esprit, et décorées de leurs portraits. Leurs archives y étoient déposées.

Cette maison servoit de collége aux religieux des quatre provinces de l'ordre[514]. Elle a fourni, dans tous les temps, des sujets recommandables par leurs vertus, des théologiens éclairés, d'habiles prédicateurs, et des écrivains distingués[515].

LA COMMUNAUTÉ DES FRÈRES CORDONNIERS.

Cette association fut formée, en 1645, par les soins du baron de Renti. Ce vertueux gentilhomme, animé de la charité la plus ardente et d'un zèle infatigable pour les progrès de la religion, avoit déjà procuré des instructions chrétiennes aux pauvres passants qu'on retiroit à l'hôpital Saint-Gervais; il voulut associer au même bienfait les artisans que l'ignorance et les mauvaises mœurs qui en sont la suite entraînoient à profaner le dimanche et les fêtes par leurs débauches, et à mener en tout une vie grossière et scandaleuse. Pour arriver à un but aussi louable, il ne dédaigna point de s'associer un cordonnier du duché de Luxembourg, nommé Henri-Michel Buch. La probité intacte de cet homme, son exactitude à remplir ses devoirs, sa douceur et son humanité l'avoient fait nommer le bon Henri. Encouragé par son vertueux protecteur, il parvint à rassembler quelques personnes de son état qui parurent disposées à suivre ses exemples. M. de Renti, conjointement avec M. Coquerel, docteur de Sorbonne, leur donna des réglements, et la petite communauté commença ses exercices. Les tailleurs se joignirent à eux peu de temps après; mais depuis ces deux communautés se séparèrent, et continuèrent chacune de leur côté, à observer ces statuts qu'elles avoient adoptés, ce qui s'est pratiqué exactement jusque dans les derniers temps. Ces frères travailloient et mangeoient en commun, récitoient certaines prières à des heures réglées, ne chantoient que des psaumes ou des cantiques, et donnoient aux pauvres tout le superflu de leurs profits[516].

L'ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ANDRÉ-DES-ARCS.