[129]: Le prince s'étoit d'abord emparé de ce poste, et l'avoit ensuite abandonné. Les frondeurs, qui le jugèrent utile pour favoriser l'arrivée de leurs convois, le fortifièrent, et y jetèrent trois mille hommes de leurs moins mauvaises troupes, sous les ordres du marquis de Chanleu. Il fut tué dans l'attaque, après s'être défendu jusqu'à la dernière extrémité, et avoir refusé quartier.

[130]: Il disoit que toute cette guerre ne méritoit d'être écrite qu'en vers burlesques; il l'appeloit aussi la guerre des pots de chambre.

[131]: Cette chambre, presque toute composée de jeunes conseillers, étoit celle qui renfermoit le plus grand nombre de frondeurs.

[132]: Il fut long-temps à chercher comment on pourroit s'y prendre pour ne pas le recevoir, sans manquer de respect au roi; enfin, après y avoir long-temps rêvé, il trouva un moyen, et le fit présenter par Broussel. Celui-ci prétendit que l'envoi de ce héraut étoit un piége tendu par Mazarin, ces sortes de formalités ne s'observant qu'à l'égard des ennemis, et que le recevoir, c'étoit se déclarer ennemis du roi. Ce beau raisonnement parut sans réplique.

[133]: Il y fut entraîné par les suggestions du duc de Bouillon, son frère aîné, qui ne cessoit de lui représenter les affronts que leur maison avoit essuyés, et le délabrement causé dans leur fortune par la cession qu'ils avoient été forcés de faire de leur principauté de Sedan. Son armée, composée de ces braves Veymariens, long-temps l'effroi des Espagnols, séduite par l'argent que Mazarin sut répandre à propos au milieu d'elle, l'abandonna si complétement, qu'il se vit forcé de se sauver, lui sixième, d'abord chez la landgrave de Hesse, sa parente, ensuite en Hollande.

[134]: C'est-à-dire qu'on se trouvoit quitte avec les Espagnols, s'ils ne se disposoient pas à la paix générale; qu'on pouvoit suivre à son gré les mouvements du parlement pour la paix particulière, ou rejeter cette paix, sous prétexte qu'elle ne devoit se faire qu'avec la paix générale, etc.

[135]: Il recueillit les voix avec le plus grand sang-froid. On ne vit nul mouvement sur son visage, on n'aperçut aucune altération dans sa voix; et il prononça l'arrêt avec la même fermeté qu'il l'auroit fait dans une audience ordinaire. Comme la fureur de la populace sembloit devenir, de moment en moment, plus violente, malgré les efforts que Gondi, Beaufort et le président Novion avoient pu faire pour l'apaiser, on proposa au premier président, dont la vie étoit évidemment menacée, de s'échapper par le greffe; il s'y refusa constamment: «La cour, dit-il, ne se cache jamais; si j'étois assuré de périr, je ne commettrois pas cette lâcheté, qui ne serviroit d'ailleurs qu'à donner de la hardiesse aux séditieux: ils me trouveroient bien dans ma maison, s'ils imaginoient que je les eusse redoutés ici.» Il sortit donc au milieu de cette populace déchaînée, marchant d'un pas ferme et assuré. Un forcené lui ayant appuyé son pistolet sur le visage: «Quand vous m'aurez tué, lui dit-il sans s'émouvoir, il ne me faudra que six pieds de terre.» Il avoit même conservé en sortant assez de présence d'esprit pour adresser un mot piquant et railleur au coadjuteur, qui joignoit ses instances à celles de tout le parlement, et qui ne vit enfin d'autre moyen de le sauver que de le tenir embrassé, et de traverser ainsi avec lui les flots de la populace, tandis que le duc de Beaufort jouoit le même rôle auprès du président de Mesmes, dont la frayeur étoit aussi naïve et aussi forte, que le courage de Molé étoit extraordinaire et sublime.

[136]: Dans le premier traité, il avoit été dit que le parlement ne s'assembleroit point pendant l'année 1649. Cette défense fut supprimée, avec une promesse tacite du parlement de l'observer.

[137]: Ils s'étoient avancés jusqu'à Pont-à-Vere, près de Rheims, et de là s'étoient approchés de Guise, que même ils avoient fait investir.

[138]: Il demandoit la surintendance des mers, que Condé ambitionnoit aussi de son côté.