Dans l'aile où étoit située la chapelle du Rosaire, Nicolas de Paris, substitut du procureur-général du parlement.

Auprès de l'œuvre de la confrérie du Rosaire[317], Claude Dormy, évêque de Boulogne-sur-Mer, auparavant moine de Cluni, et prieur de Saint-Martin-des-Champs. Il étoit représenté à genoux sur la porte d'une chapelle[318].

Près de cette chapelle, Pierre de Rostrenan, chambellan du roi Charles VII. Sa figure en albâtre étoit couchée sur sa tombe.

Jean Clopinel, dit de Meung, continuateur du roman de la Rose, avoit été aussi inhumé dans ce couvent, mais on ignore si ce fut dans l'église ou dans le cloître, etc., etc.

L'église des Jacobins, qui, depuis long-temps, menaçoit ruine, avoit été abandonnée par ces religieux, quelques années avant la révolution; et l'office divin se célébroit dans la salle des exercices, connue sous le nom d'Écoles de Saint-Thomas. Ces écoles, situées à côté de l'église, avoient été commencées aux dépens du P. Jean Binet, docteur en théologie, et religieux de cet ordre, mort en 1550. On y remarquoit une chaire revêtue de marbre, dans laquelle étoit, dit-on, renfermée celle qui avoit servi à saint Thomas d'Aquin. La salle principale étoit ornée de plusieurs représentations des plus grands personnages de l'ordre, parmi lesquels on distinguoit les portraits de saint Dominique, de Pierre de Tarentaire, pape sous le nom d'Innocent V, et de Hugues de Saint-Cher, cardinal du titre de Sainte-Sabine.

La bibliothèque, composée de quinze à seize mille volumes, contenoit plusieurs manuscrits d'ouvrages de piété, légués par saint Louis à ces religieux.

L'ordre de Saint-Dominique est un des plus illustres qu'il y ait eu dans l'église. Sans parler d'une foule de savants, aussi recommandables par leurs vertus que par leurs lumières, qui sont sortis de ses écoles, ou qui ont travaillé dans le silence de ses cloîtres, il compte parmi ses membres douze saints canonisés et plusieurs béatifiés; quatre papes, Innocent V, Benoît XI, Pie V et Benoît XIII; cinquante-huit cardinaux, vingt-trois patriarches; tous les maîtres du sacré Palais, depuis saint Dominique, qui fut le premier en 1217; vingt-huit confesseurs de nos rois, et quarante-deux des rois d'Espagne[319].

L'ÉGLISE COLLÉGIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS.

Les Historiens de Paris ne sont d'accord ni sur l'origine de cette église, ni sur l'étymologie du surnom qui lui a été donné; il est peu de monuments qui aient exercé davantage leur sagacité. Quelques-uns ont avancé que saint Denis l'Aréopagite avoit célébré les saints mystères dans un oratoire qu'il avoit lui-même dédié en cet endroit sous l'invocation de saint Étienne, et en ont conclu que le véritable surnom étoit des Grecs, parce que ce saint et ses disciples étoient venus d'Athènes dans les Gaules. D'autres, rejetant cette tradition très-incertaine, ont pensé, mais sans en apporter des preuves meilleures, que ce surnom venoit de quelques degrés qu'il falloit monter pour entrer dans cette église, et qu'on devoit dire S. Stephanus de gradibus. Plusieurs prétendent que cette église, étant située à la sortie de la ville, a été appelée ainsi, ab egressu urbis, et qu'il convient d'écrire Saint-Étienne-d'Egrès. Il n'est pas moins difficile d'adopter cette dernière explication: car c'est un fait incontestable que l'édifice en question étoit renfermé dans l'enceinte de Philippe-Auguste.

Enfin l'abbé Lebeuf[320], s'appuyant sur les cartulaires de Sainte-Geneviève et de Sorbonne, dans lesquels l'église de Saint-Étienne est nommée de gressis et de gressibus, donne sur cette dénomination des grès deux opinions très-plausibles, et qui ont été adoptées par Jaillot. Il pense que ce nom peut venir des grès ou bornes posées dans cette rue, pour marquer les limites des seigneuries, du roi, de l'abbaye Sainte-Geneviève et autres, ou d'une famille de Grèz, connue au treizième siècle, laquelle possédoit, au nom du roi, un pressoir et vignoble sur le bord de la rue Saint-Étienne. Il cite en effet plusieurs actes dans lesquels il est fait mention de cette famille; mais il n'en est aucun d'où l'on puisse conclure que son nom ait été ajouté à celui de l'église avant le commencement du treizième siècle.