Nous avons fait mention, dans le quartier précédent, d'un hôpital institué par le sieur Houel, dans la maison connue sous le nom de Sainte-Valère, et des événements qui en changèrent peu à peu la destination; on a vu que le jardin qu'il avoit formé vis-à-vis cet établissement et destiné à la culture des plantes médicinales, avoit été conservé: les apothicaires et les épiciers, qui, dans le dix-septième siècle, ne formoient encore qu'une seule communauté, acquirent, en 1626, la propriété de ce jardin, et le 2 décembre de la même année achetèrent la maison située rue de l'Arbalète, ce qui leur procura les moyens d'ouvrir leur entrée principale sur cette rue, et d'y faire construire le bâtiment qui existe encore aujourd'hui. Les pharmaciens devinrent ensuite les seuls maîtres de l'établissement, qui fut érigé en collége. Une inscription en lettres d'or sur une table de marbre noir apprenoit que cette érection avoit été faite en 1777.
Il y avoit dans ce collége six professeurs, qui, pendant les trois mois d'été, y donnoient des leçons publiques sur la chimie, la botanique et l'histoire naturelle; et tous les ans le lieutenant général de police y distribuoit solennellement des médailles[436] aux élèves qui s'étoient le plus distingués dans ces études.
Cette maison possédoit un très-joli cabinet d'histoire naturelle, un laboratoire de chimie, une bibliothèque, etc. Elle étoit aussi décorée de sculptures et de tableaux. Dans le jardin, les plantes étoient distribuées suivant la méthode de Tournefort[437].
CURIOSITÉS.
TABLEAUX.
Dans la grande salle, au-dessus de la porte, Louis XIV donnant le poids marchand au corps des épiciers; sans nom d'auteur.
Sur la cheminée, Hélène et Ménélas arrivant en Égypte; et recevant du roi de cette contrée plusieurs plantes médicinales; par Vouet.
Les portraits en médaillons de MM. Rouelle frères, chimistes renommés.
Au pourtour de la salle, les portraits des anciens gardes de la communauté des épiciers et apothicaires.
SCULPTURES.