BARRIÈRES.

Ce quartier est borné au midi par cinq barrières.

RUES ET PLACES
DU QUARTIER DU LUXEMBOURG.

Rue des Aveugles. Elle commence à la petite place où étoit autrefois le presbytère de Saint-Sulpice, et finit à la rue du Petit-Bourbon, au coin de la rue Garancière. Sauval prétend qu'elle doit ce nom à un aveugle qui y demeuroit[256], et à qui appartenoient toutes les maisons dont elle étoit composée. Sans nous arrêter à vérifier cette tradition, il nous suffira de dire, avec Jaillot, que, dans plusieurs titres de 1636, elle est nommée rue de l'Aveugle; en 1642 elle est désignée rue des Prêtres; ce n'est qu'en 1697 qu'elle prend enfin le nom de rue des Aveugles. Vers le milieu du dix-huitième siècle, elle se prolongeoit jusqu'à la rue des Canettes; mais à cette époque le curé de Saint-Sulpice fit abattre quelques maisons pour construire en cet endroit une petite place qui fait maintenant partie de la place Saint-Sulpice[257].

Petite rue du Bac. Elle traverse de la rue de Sèvre à celle des Vieilles-Tuileries. Quelques auteurs la nomment petite rue du Barc, et d'autres du Petit-Bac. Sauval dit que: «quelque nouvelle que soit la petite rue du Bac, elle a changé de nom, et s'appelle la rue du Baril-Neuf[258].» Elle doit la première dénomination, qu'elle a reprise, à la grande rue du Bac, dont elle fait presque la continuation.

Rue de Bagneux. Elle aboutit d'un côté à la rue des Vieilles-Tuileries, et de l'autre à celle de Vaugirard. Cette rue est désignée ainsi sur les plans de Jouvin et de Bullet publiés en 1676. On en prit une partie, en 1749, pour en faire un des cimetières de Saint-Sulpice.

Rue Barouillère. Elle traverse de la rue de Sèvre à celle du Petit-Vaugirard. Tous les plans du dix-septième siècle l'indiquent sous le nom de rue des Vieilles-Tuileries, mais quelques uns marquent plus bas une rue Barouillère et de la Barouillerie. Sur un plan manuscrit de 1651, elle est indiquée simplement comme rue projetée sous le nom de Saint-Michel, et on la retrouve, en 1675, sous cette même dénomination. On ignore à quelle époque elle prit son dernier nom; mais il est certain qu'elle le doit à Nicolas Richard, sieur de la Barouillère, auquel l'abbé de Saint-Germain céda, en 1644, huit arpents de terre en cet endroit, sous diverses conditions, et principalement à la charge d'y bâtir.

Rue Beurière. Elle aboutit à la rue du Four et à celle du Vieux-Colombier. On l'appeloit, dans le dix-septième siècle, de la Petite-Corne, parce qu'elle étoit parallèle à la rue Neuve-Guillemin, nommée alors rue de la Corne. Jaillot croit la reconnoître dans le procès-verbal de 1636, sous le nom de petite rue Cassette.

Rue de Bissi. On appelle ainsi la principale entrée du marché Saint-Germain du côté de la rue du Four; elle doit ce nom au cardinal de Bissi, alors abbé de Saint-Germain, par les ordres duquel le marché avoit été construit[259].