[293]: C'étoit à ce prince que l'on devoit l'ancienne châsse, dont l'or fut employé dans la construction de la nouvelle. Celle-ci avoit environ deux pieds dix pouces de longueur, et contenoit vingt-six marcs deux onces d'or, et deux cent cinquante marcs d'argent.
[294]: Ces statues, détruites pendant les jours révolutionnaires, ont fait naître de grands débats parmi les antiquaires. D. Ruinart, qui les regarde comme aussi anciennes que l'église, prétend qu'elles représentoient saint Remi, Clovis, la reine Clotilde, Clodomir et Thierri leurs fils, Childebert, Ultrogothe et Clotaire II. L'abbé Lebeuf, qui ne peut nier que les deux figures les plus éloignées de la porte ne fussent effectivement celles de Clodomir et de Clotaire II, parce qu'elles portoient leurs noms gravés sur des inscriptions, soutient que les autres statues offroient, suivant un usage assez commun, des rois et des reines de l'ancienne loi; et que Jésus-Christ, placé au milieu de la porte sur un trumeau qui n'existe plus, étoit le symbole de la nouvelle. D'autres y voyoient la famille de Charlemagne, saint Germain à la place de saint Remi, et rapprochoient ainsi de plusieurs siècles l'antiquité de ce monument. De toutes ces opinions, la première nous semble encore celle qui présente le plus de probabilités.
[295]: Cette pierre avoit été déposée au Musée des Petits-Augustins. L'antiquité n'en est point équivoque.
[296]: La pierre qui couvroit la tombe de cette reine offre une mosaïque formée d'un nombre considérable de petits émaux liés ensemble par un mastic, et incrustés dans une pierre de liais, où ils représentent une figure, dont le visage est indiqué par un simple contour, sans aucun trait intérieur; il en est ainsi des pieds et des mains. Elle est couronnée de trois fleurs-de-lis, revêtue d'une longue robe, et porte à la main un sceptre terminé également par des fleurs-de-lis. Ce monument curieux, et qui date certainement du temps de Frédégonde, étoit déposé aux Petits-Augustins.
[297]: Les tombes de Clotaire II, de Berthrude, de Childéric II, se voyoient dans le même Musée; mais elles sont modernes, et furent exécutées, dans le siècle dernier, d'après les débris d'anciens monuments.
[298]: Il est représenté couché, revêtu de ses armes, la tête appuyée sur son coude: c'est de la sculpture la plus barbare. (Déposé aux Petits-Augustins.)
[299]: Il est, comme son père, à moitié couché sur des coussins, et couvert de son armure, avec cette différence qu'il tient un livre de la main droite. Sculpture moins mauvaise que la précédente, mais qui ne s'élève pas au dessus de la médiocrité. (Déposé dans le même Musée.)
[300]: Il est représenté en marbre blanc, sur un tombeau de marbre noir, soutenant d'une main une chape sur ses épaules, étendant l'autre pour offrir son sceptre et sa couronne à saint Casimir, dont l'image étoit sur l'autel; devant et derrière lui sont groupées ses armes; aux angles, des captifs enchaînés à des trophées désignoient ses victoires sur les Turcs, les Tartares et les Moscovites. Ce monument, exécuté par Gaspard de Marsi, et comblé d'éloges par tous les historiens de Paris, est une production de la dernière médiocrité.
Au milieu de la base, un bas-relief en plomb, ouvrage d'un frère convers de cette maison, nommé Jean Thibaut, représente une des batailles de Casimir. Il est encore plus mauvais que le mausolée. (Le tout avoit été déposé aux Petits-Augustins.)
[301]: Leur monument, que l'on prétend être de la main de Girardon, se compose d'un tombeau de marbre blanc, au dessus duquel s'élève une colonne surmontée d'une urne antique. Deux statues, de grandeur naturelle, placées de chaque côté, et représentant la Piété et la Fidélité, soutiennent les portraits d'Olivier et de Louis Castellan; sculpture peu remarquable sous tous les rapports. (Déposé dans le même Musée.)