Le cœur de Louise de La Tour d'Auvergne, dite mademoiselle de Bouillon, morte en 1683.

La maison de ce séminaire, qui fut entièrement rebâtie en 1736, étoit accompagnée d'un assez grand enclos. Elle possédoit une bibliothèque d'environ vingt-cinq mille volumes, où l'on comptoit plusieurs manuscrits intéressants, et une collection précieuse de livres chinois.

Quoique l'objet principal des directeurs de ce séminaire fût de former, suivant le vœu du fondateur, des ecclésiastiques propres à suivre la carrière des missions, et à travailler à la conversion des infidèles, cependant ils se rendoient encore utiles, à Paris même, dans les fonctions du saint ministère. Aux sermons publics ils joignoient des instructions particulières, faisoient le cathéchisme aux enfants, rassembloient des artisans et des ouvriers auxquels ils apprenoient leurs devoirs, et à sanctifier les dimanches et fêtes; enfin ne négligeoient aucune œuvre de religion et de charité[304].

LES CONVALESCENTS.

Le projet de cet établissement, destiné à donner un asile aux pauvres convalescents qui sortent des hôpitaux, et qui, faute des secours nécessaires pour achever de revenir à la santé, sont exposés à des rechutes dangereuses et souvent mortelles, fut conçu par plusieurs personnes pieuses et charitables, dès 1628, ainsi que le prouvent les lettres-patentes de Louis XIII données cette même année; mais il ne fut exécuté qu'en 1650 par madame Angélique Faure, veuve de M. Claude de Bullion, surintendant des finances. Voulant suivre le précepte de l'évangile, elle essaya de cacher son bienfait en se servant du nom et du ministère d'un ancien chanoine de Reims, nommé André Gervaise. Celui-ci acheta à cet effet, de M. Le Camus, évêque de Bellay, une maison située rue du Bac, la fit disposer convenablement pour recevoir huit convalescents, et obtint, le 6 août 1650, la permission d'y faire bâtir une chapelle. Cette maison fut donnée, en 1652, aux religieux de la Charité: ils y furent introduits, le 15 août de cette année, par le premier grand-vicaire de Saint-Germain, qui bénit la chapelle sous le nom de Notre-Dame des Convalescents.

L'exemple de madame de Bullion eut quelques imitateurs; et, vers les derniers temps, on comptoit dans cette maison vingt-un lits pour les convalescents, qui pouvoient y rester huit jours[305].

LE MONASTÈRE ROYAL DE L'IMMACULÉE CONCEPTION.

Cet ordre, fondé à Tolède en 1484 par Béatrix de Silva, fut mis, en 1501, sous la direction des Frères Mineurs par Alexandre VI, qui donna à ses religieuses la règle de Sainte-Claire: ce fut alors qu'elles prirent le nom de Récolettes, sous lequel elles ont été introduites en France. Quelques-unes d'entre elles, établies à Verdun, obtinrent, en 1627, par la protection de madame la présidente de Lamoignon, le consentement de l'abbé de Saint-Germain pour former un établissement sur son territoire; consentement que confirmèrent des lettres-patentes données en 1635. Sans entrer ici dans les discussions assez futiles qui se sont élevées entre nos historiens sur la date de leur établissement, il nous suffira de dire, d'après les autorités qui nous ont semblé les plus sûres[306], que ces Récolettes de Verdun, n'ayant pas jugé à propos de profiter de la permission qu'elles venoient d'obtenir, cédèrent, en 1634, à celles de Saint-Nicolas de Tulle, tous leurs droits et priviléges. En conséquence de cette cession, celles-ci achetèrent, rue du Bac, une maison où elles se logèrent en 1637.

Ces religieuses étoient sous la direction des Récollets. La distance qui séparoit les deux maisons rendant ce devoir extrêmement pénible à remplir pour ces religieux, ils obtinrent, en 1658, la permission de faire bâtir près de ce couvent un hospice pour quelques-uns d'entre eux. On le construisit, du côté de la rue de la Planche; mais depuis il fut entièrement abandonné.

La vie exemplaire des Récolettes avoit engagé la reine Marie-Thérèse d'Autriche à jeter les yeux sur elles, pour remplir le dessein qu'elle avoit formé d'établir un couvent de l'ordre de la Conception de Notre-Dame. Ces religieuses y ayant donné leur consentement avec joie, cette princesse obtint pour elles, en 1663, une bulle d'Alexandre VII, qui leur permettoit «de prendre l'habit, l'institut, la règle et la dénomination de religieuses de l'Immaculée Conception de la B. V. Marie, en demeurant toujours sous la direction des Récollets de la province Saint-Denis.» Les lettres-patentes qui confirmèrent cette bulle, en 1664, déclarèrent ce monastère de fondation royale; et les libéralités de Louis XIV procurèrent les moyens d'en rebâtir l'église. En 1693 la première pierre en fut posée par M. de Ligny et mesdemoiselles de Furstenberg, ses petites-filles. Elle fut achevée et bénite à la fin de l'année suivante[307].