L'abbé Arthus Poussin, docteur en théologie, l'un des bienfaiteurs de cette maison, mort en 1735.
Barthélemi Mascarini, maître des requêtes, l'un des bienfaiteurs de cette maison, mort en 1698.
Charles Gigault, seigneur de Merlus, mort en 1644.
La bibliothèque de ces pères, composée de plus de vingt-quatre mille volumes, étoit ornée de deux globes de Coronelli. Ils avoient partagé leur terrain: le cloître et le jardin en occupoient une partie; l'autre étoit couverte de maisons qu'ils louoient à des particuliers[313].
Parmi les religieux qui ont illustré cette maison, on distingue le P. Vincent Baron, docteur conventuel de l'Université de Toulouse, et considéré comme l'un des premiers théologiens du dix-septième siècle; le frère Jean André, peintre habile, et dont les tableaux faisoient le principal ornement de l'église et du monastère; le frère François Romain ingénieur et architecte très estimé. On lui doit le plan du pont de Maëstricht et une partie de sa construction. Louis XIV, qui l'avoit chargé de la conduite du Pont-Royal, fut si content de ses travaux, qu'il lui confia l'inspection des ouvrages des ponts et chaussées, et la réparation des bâtiments dépendants de son domaine.
LES THÉATINS.
Ces religieux étoient des clercs réguliers institués en Italie dans l'année 1524, par saint Gaëtan de Thiéne, Jean-Pierre Caraffe, archevêque de Théate, aujourd'hui Chieti, au royaume de Naples, Paul Consiglieri et Boniface de Colle. Leur institut, approuvé d'abord par Clément VII, sous le simple titre de clercs réguliers, prit celui de Théatins, lorsque l'archevêque de Théate, qui s'étoit démis de son siége pour entrer dans cette nouvelle congrégation, eut été élu pape en 1555, sous le nom de Paul IV. Le cardinal Mazarin, qui connoissoit cet ordre, ayant formé le dessein de lui faire avoir un établissement à Paris, acheta en 1642, sur le quai Malaquais, une maison qu'il fit arranger convenablement, et appela en France quatre religieux Théatins. Ils y vinrent en 1644; mais leur établissement légal n'eut lieu que quatre années après. Ce fut seulement en 1648 que, sur leur requête présentée à Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain, ils obtinrent toutes les permissions nécessaires. Le 7 août de la même année, le prieur de l'abbaye bénit leur chapelle, et le roi plaça lui-même la croix sur le portail de la maison, qui, d'après ses ordres, fut nommée Sainte-Anne la royale. Des lettres-patentes confirmèrent, en 1653, tout ce qui avoit été fait[314].
Le cardinal de Mazarin laissa aux Théatins une somme de 300,000 liv. pour bâtir une église, à la place de leur chapelle qui étoit beaucoup trop petite. Ils en confièrent l'exécution à un de leurs religieux nommé Camille Guarini, qu'ils firent venir exprès d'Italie, et qui passoit pour un grand architecte. Non seulement il fit un édifice du plus mauvais goût, mais il le construisit dans de si vastes proportions qu'il fallut en suspendre l'exécution. Cette église avoit été commencée en 1662, et le prince de Conti en avoit posé la première pierre au nom du roi: ce ne fut qu'en 1714 qu'il fut possible d'en reprendre les travaux, au moyen d'une loterie que Sa Majesté voulut bien accorder; et de toute l'ancienne, on ne conserva que la croisée. Elle fut bénite en 1720.
Le portail, sur le quai, fut érigé en 1747 par les libéralités du dauphin, père de Louis XVI, et à la sollicitation de M. Boyer, évêque de Mirepoix, qui avoit été religieux dans cette maison. Les dessins en furent donnés par M. Desmaisons, architecte; et tout médiocre qu'il est, ce portail passoit alors pour un morceau distingué, en le comparant à ce que produisoit le goût bizarre de cette époque[315].