Sur la balustrade, les huit Pères des Églises grecque et latine: 1o saint Basile et saint Ambroise, par Poultier; 2o saint Jean Chrysostôme et saint Grégoire-le-Grand, par Mazeline; 3o saint Grégoire de Nazianze et saint Athanase, par Coyzevox; 4o saint Jérôme et saint Augustin, par Hurtrelle.

Sur le fronton et dans diverses parties du portail, plusieurs groupes de figures allégoriques: 1o quatre vertus couchées: la Justice, la Tempérance, la Prudence et la Force, par Coyzevox; 2o la Foi et la Charité accompagnant les armes de France; 3o quatre autres vertus: la Constance, l'Humilité, la Confiance et la Magnanimité, sans nom d'auteur.

La chaire, exécutée sur les dessins de Vassé, formoit une espèce de dais supporté par deux palmiers; l'amortissement offroit la couronne de France soutenue par des chérubins[340].

On compte dans cette maison environ trois mille soldats et officiers, tous nourris et entretenus convenablement suivant leurs grades et leurs infirmités. Deux compagnies, chacune de cent hommes, y montent journellement la garde.

Avant la révolution, le ministre de la guerre, ou, à son défaut, le contrôleur général, présidoit le conseil qui se tenoit tous les jeudis.

Les revenus de l'établissement se composoient de pensions que payoient les abbayes en raison de la renonciation faite par le roi au droit des oblats[341]: on y ajouta depuis trois deniers pour livre sur toutes les dépenses de la guerre.

Une grande place en demi-lune précède l'entrée de l'avant-cour; et toute l'esplanade, qui s'étend jusqu'à la rivière, forme une promenade plantée d'arbres, dont on est redevable à M. le comte d'Argenson, ministre de la guerre. Les allées pratiquées sur l'esplanade méridionale, et qui se prolongent jusqu'à l'École militaire, ont été percées, peu de temps avant la révolution, sous la direction de feu M. Brongniart, architecte des Invalides.

Les PP. de Saint-Lazare gouvernoient le spirituel de cette maison, dont l'état-major étoit composé d'un gouverneur, d'un lieutenant du roi et d'un major[342].

L'ÉCOLE MILITAIRE.

Ce monument fut construit par Louis XV, en faveur de la noblesse pauvre de son royaume. L'édit de fondation, donné au mois de janvier 1751, porte que S. M. établit l'hôtel de l'École royale et militaire en faveur de cinq cents jeunes gentilshommes, pour y être entretenus et élevés dans toutes les sciences convenables et nécessaires à un officier. Pour fournir aux dépenses de cette École, le monarque accorda le bénéfice d'une loterie, et y annexa les revenus de l'abbaye de Laon alors vacante; on choisit, dans la plaine de Grenelle, un vaste terrain[343], à peu de distance de l'hôtel des Invalides; et tandis que l'édifice s'élevoit sur les dessins de Gabriel, architecte du roi, l'École s'organisoit provisoirement dans le château de Vincennes. Quatre-vingts élèves y entrèrent en 1753; et dès 1756, ils purent être transférés, en beaucoup plus grand nombre, dans leur nouvelle et magnifique demeure. La première pierre de la chapelle fut bénite par l'archevêque de Paris, en présence du roi qui la posa au même instant. Ceci n'arriva qu'en 1769.