A ces trois questions auxquelles il n'était pas préparé, Bernard de Rains fut déconcerté et demanda du temps pour répondre.
A cette défaite, toute l'assemblée fut convaincue de l'imposture de l'ermite. Le roi lui fit une verte réprimande et le chassa de sa présence.
Bernard de Rains s'enfuit en Bourgogne où il se tint caché pendant quelque temps. Ayant été découvert par Errard de Cartinac, gentilhomme Bourguignon, celui-ci l'arrêta, le chargea de fers et le mena à Lille, où il fut battu de verges, après avoir été appliqué à la question, et promené, couvert de haillons, dans toutes les villes de la Flandre et du Hainaut.
[CROISADE]
CONTRE LES ALBIGEOIS.
Il y a de fort bons argumens à faire valoir en faveur des croisades faites, au nom de la religion, pour l'affranchissement des lieux saints. On peut affirmer que ces courses belliqueuses et lointaines, ont été d'un grand avantage pour la civilisation. Mais que pourrait-on alléguer pour justifier la croisade contre les Albigeois? Ce massacre de chrétiens par d'autres chrétiens, n'avait d'autre cause, d'autre motif que l'intolérance et la cruauté des hommes.
Les Albigeois, ainsi que les Vaudois, les protestans et tant d'autres hérétiques qui furent persécutés comme eux, n'avaient d'autre tort que d'avoir des opinions à part sur les dogmes du christianisme; du reste, bons et paisibles citoyens, industrieux, actifs, attachés et soumis à leur chef, Raymond VI, comte de Toulouse.
Cette croisade impie commença en 1206. Le pape Innocent III, Saint Dominique, Raymond comte de Toulouse, Simon comte de Montfort, furent les principaux personnages de cet abominable épisode de notre histoire.
Simon de Montfort était à la tête de cette ligue. C'était un homme dissimulé et ambitieux, vaillant du reste, réglé dans ses mœurs, ayant comme tous les hommes à part, commandement sur la fortune.