Il résultait en substance de l'acte d'accusation qu'Henriette Cornier, qui avait eu, pendant toute sa jeunesse, un caractère gai, léger et même folâtre, avait tout-à-coup changé depuis dix-huit mois, et semblait, depuis cette époque, dominée par une sombre mélancolie qui l'avait conduite un jour à se précipiter dans la Seine. Ce fut quelque temps après qu'elle exécuta l'horrible meurtre qui l'avait mise sous la main de la justice.
C'est surtout dans une cause de ce genre qu'il est important de reproduire textuellement l'interrogatoire de la personne accusée. Celui d'Henriette Cornier, s'il n'apprend rien de nouveau, quant au triste fait accompli, servira du moins à faire apprécier la situation mentale de cette fille, au moment de son épouvantable attentat.
M. le Président. Femme Cornier, a quelle époque êtes-vous entrée chez Fournier? n'est-ce pas à la fin d'octobre?
R. Oui, monsieur.
D. Comment vous trouviez-vous dans cette condition? vous y trouviez-vous bien?
R. Oui, monsieur.
D. Le 4 novembre, vous avez vu et caressé chez le fruitier l'enfant de la femme Belon?
R. Oui, monsieur.
D. Vous êtes montée avec elle dans votre chambre, et l'avez embrassée?
R. Oui, monsieur.