D. Aviez-vous de l'attachement pour Julien?
R. (Avec naïveté.) Il paraît que non; je croyais l'aimer, mais.... Je lui ai dit que mes parens ne voulaient pas me marier en ce moment, et que je ne voulais pas leur désobéir. Il me dit alors que je serais cause de la mort d'un homme.
D. C'était probablement de lui qu'il voulait parler?
R. Oh! oui, monsieur. Il m'a prise à part et m'a dit: Adieu pour jamais!
Après l'audition de tous les témoins, Arsène fut rappelée de nouveau pour montrer aux jurés les blessures qu'elle avait reçues aux mains. On lui demanda si elle avait reçu ces blessures avant ou après que Julien l'eût frappée à l'abdomen.
—C'est après, répondit Arsène; il m'a d'abord frappée au bas-ventre. Je me suis défendue contre les autres coups qu'il dirigeait contre moi, et je les ai reçus aux mains.
—Êtes-vous bien certaine que le premier coup que Julien vous ait porté soit celui du bas ventre?
—Oui, monsieur, très-certaine.
—Je suis bien sûr, s'écria alors Julien, qu'elle ne parle pas selon sa conscience: je ne lui ai donné qu'un seul coup.