R. Pas plus.

D. Le 2 mars, lendemain de l'assassinat, n'étiez-vous pas encore venu à Besançon pour recueillir les bruits publics sur le crime qui venait de se commettre?

R. J'y suis venu pour tout autre objet.

D. Est-ce vous qui êtes l'auteur de l'assassinat?

R. Non.

D. Pourquoi, le jour de l'assassinat, avez-vous pris votre fusil chez votre mère?

R. J'avais le projet d'aller le soir attendre la bécasse, ce que je n'ai point fait.

Ce système de défense ne pouvait prévaloir contre les dépositions de témoins nombreux, contre les bourres accusatrices, trouvées dans le fusil de Duchon, et les taches de sang remarquées sur ses vêtemens, et contre plusieurs autres circonstances accessoires qui établissaient la culpabilité. Aussi le prévenu, déclaré coupable, par le jury, d'assassinat avec préméditation, fut condamné à la peine de mort.

Pendant la lecture de la déclaration du jury et la prononciation du jugement, Duchon montra la même tranquillité que pendant les débats. Dans le trajet de la salle d'audience à la prison, il dit très-paisiblement aux gendarmes, en levant une de ses mains, qu'il était innocent, et qu'il ne savait pas comment on pouvait l'avoir condamné.