ASSASSINAT
COMMIS PAR LA FEMME LEBARON
SUR SON MARI, DE COMPLICITÉ AVEC UN AUTRE INDIVIDU.
Cécile Leboucher, de la commune d'Hébécrivon, arrondissement de Saint-Lô, avait épousé, à l'âge de dix-sept ans, le sieur Charles Lebaron; elle avait, dit-on, été contrainte à ce mariage par sa mère: quoi qu'il en soit, cette union ne fut pas heureuse.
Cécile Leboucher haïssait son mari, et ne le dissimulait en aucune circonstance. L'ayant fait citer en police correctionnelle, à l'occasion d'une querelle qu'ils avaient eue ensemble, elle s'était égratigné elle-même la figure pour le faire condamner comme auteur de ces blessures. Par suite de cette affaire, une demande en séparation avait été formée, mais la famille était parvenue à les réunir.
Toutefois cette réconciliation ne fut que de peu de durée, et bientôt les scènes les plus violentes éclatèrent de nouveau. Voyageant un jour avec une voisine, Cécile lui dit que son mari lui avait donné sa tâche et l'avait disputée le matin; elle ajouta: Ah! si nous en étions défaits! Puis, sur les représentations de cette femme, elle dit: «Ne dites rien; car s'il lui arrivait quelque chose!..... il est toujours en charriage; il n'aurait, étant ivre, qu'à se trouver pris sous une voiture...» Une autre fois, s'entretenant avec un journalier, nommé Vaultier, des torts de son mari à son égard: Si j'en avais un comme celui-là, lui dit Vaultier, je l'étoufferais.—Le feriez-vous bien? repartit vivement la femme Lebaron. Enfin, dans une autre circonstance, elle proposa au nommé Clément Leroy, alors son domestique, de l'aider à empoisonner son mari, l'assurant qu'il ne lui en arriverait rien, et qu'ensuite il l'épouserait.
Cécile Leboucher s'était adonnée à l'ivrognerie et à la débauche. On citait plusieurs individus avec lesquels elle entretenait des liaisons coupables, notamment Vaultier qui travaillait habituellement chez elle. Cet homme était marié, et père de quatre enfans.
Le 16 décembre 1828, le procureur du roi de Saint-Lô fut informé que Lebaron avait été, le matin même, trouvé mort dans son écurie, derrière ses chevaux.