En Égypte, il semble que deux cultes se soient mélangés celui des Aborigènes lybiens, de ces hommes que nous avons vus taillant la pierre, et celui des envahisseurs qui apportèrent avec eux la connaissance du cuivre; de cet ensemble sortit la religion pharaonique. Mais les vieilles coutumes survivaient encore aux temps grecs et romains. Tout avait été jadis dieu dans la nature, et chaque nôme conserva son dieu jusqu'aux premiers siècles de notre ère. C'était une survivance quatre ou cinq fois millénaire de la division du pays entre ces tribus dont nous voyons les insignes distinctifs figurer sur les vases peints préhistoriques. En Égypte comme en Chaldée chacun des dieux avait son emblème, son animal ou son objet privilégié, et chez les pharaoniques, le culte primitif des animaux s'était conservé, dernière trace du totémisme originel. On momifiait les chats, les chiens, les chacals, les crocodiles, les bœufs comme s'ils avaient été les dieux eux-mêmes.
Fig. 155.—Empreinte de cachet
(palais de Cnossos). Déesse apparaissant
au sommet d'une montagne, entre
deux molosses, et personnage en adoration.
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Mais les Asiatiques, qu'ils fussent Sémites ou qu'ils appartinssent aux anciennes races, ont aussi vénéré la nature: les arbres, les sources, les fleuves, les montagnes; et ce culte semble être le plus ancien chez tous les peuples: nous le retrouvons dans l'Europe occidentale, chez les sauvages de nos temps, et bien certainement des recherches plus étendues amèneront à constater que dans tous les pays il a été la base, l'origine des cultes divers.
Dans l'étude des questions religieuses relatives à la préhistoire de l'homme, nous devrons donc rejeter la notion du dieu unique, et nous attacher seulement au naturisme, qu'il soit sidéral ou se rapportant aux phénomènes terrestres. Les astres et les étoiles, la foudre, l'orage, la pluie, le vent, le froid et la chaleur ont été quelque part et en quelque temps des dieux; les eaux, sources, lacs, rivières, les montagnes (fig. 155), les rochers, les arbres, en ont été également, de même que les animaux; mais ces cultes étaient très variés suivant les lieux et les époques. Contentons-nous de glaner dans ce milieu d'une diversité infinie, et de signaler ceux des cultes dont il nous est parvenu des témoins consentant à parler.
Tout d'abord au culte des morts, à la conception de l'anéantissement terrestre, nous devons opposer l'image de la vie, de la création, de la fertilité, de l'abondance, bonheurs personnifiés par la déesse chaldéenne Nana une forme de l'Astarté, des Hellènes.
Fig. 156.—Représentations de la déesse Nana (Astarté).
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