Fig. 29.—Armes et outils néolithiques de l'Amérique du Nord.
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En se généralisant, le problème devient plus insoluble encore; car le monde entier, ou presque entier, a connu la hache en pierre polie, comme il a connu le coup de poing de type acheuléen: mais, alors que le coup de poing est à peu de chose près du même type dans toutes les régions, il n'en est pas de même pour la hache polie dont la forme varie à l'infini, tout en conservant les mêmes principes statiques.

De même que pour l'étude des industries quaternaires, celles relatives aux cultures néolithiques sont encore cantonnées dans les pays européens, asiatiques de l'Ouest et africains du Nord; car ce que nous savons du reste des vieux continents et du Nouveau Monde (fig. 29) est encore bien imprécis. En Amérique, toutes ces civilisations, si compliquées dans certaines régions, si primitives dans d'autres, toutes comprises sous la vague appellation de pré-colombiennes, ne nous sont connues ni par leur étendue géographique, ni par leur époque, alors que pour celles de l'Ancien Monde, nous commençons à voir plus clair non seulement dans leur étendue, mais aussi dans leur succession pour chaque région.

Fig. 30.—Outillage néolithique de la Scandinavie (Danemark et Scanie).
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Dans les pays scandinaves (fig. 30), on constate aux débuts l'existence d'une industrie dans laquelle la hache est entièrement polie, ou polie seulement sur son tranchant; puis vient l'apparition de la hache percée, ou hache-marteau, dénotant une habileté consommée dans le travail de la pierre; enfin l'établissement d'une phase de transition répondant à l'apparition du métal (industrie énéolithique).

En Espagne[117], on distingue trois époques: une industrie locale, d'aspect archaïque, avec quelques objets polis, probablement importés, répondant à l'époque des kjœkkenmœddings portugais (industrie mésolithique?), mais non pas à celle de la civilisation analogue en Scandinavie; ensuite, le plein développement du travail de la pierre polie et de la poterie ornée, cette industrie rappelant beaucoup comme art et comme technique, celle des premières villes d'Hissarlik; enfin vient l'apogée de la taille du silex et le commencement des métaux (énéolithique).

En Suisse, l'industrie lacustre comprend trois périodes successives: tout d'abord celle des haches, petites, à peine polies, fabriquées en roches indigènes; les os sont alors travaillés d'une façon rudimentaire et la poterie, grossière, n'est pas ornée (fig. 31); puis vient l'industrie des haches plus grandes, simples ou perforées, de matière souvent étrangère à la Suisse; la poterie, moins grossière, est alors simplement ornée. Enfin paraissent les haches-marteaux perforées, qui abondent dans certaines stations; le travail de la pierre, de l'os, de la corne est dès lors à son apogée; on ne voit plus de roches étrangères, la poterie s'orne de plus en plus; le métal fait son apparition (énéolithique).