Enfin les nos 3, 4 et 11 figurent des instruments de jadéite, matière considérée jadis comme ayant été exportée en Gaule de pays très éloignés (de Sibérie?), mais regardée aujourd'hui comme indigène de nos pays.

La hache polie était emmanchée, nous en possédons de nombreux exemplaires munis de leur manche (fig. 40, nos 1 à 5) et, dans les sculptures contemporaines de l'industrie néolithique, nous les voyons figurer (fig. 40, n° 6). Le plus souvent, la hache pénétrait dans un morceau scié et creusé de bois de cerf et ce bois de cerf lui-même, le plus souvent, était fixé en travers d'un manche de bois. Quant aux instruments munis d'une rainure, ils étaient emmanchés directement dans le bois. Les outils tels que scies, gouges, tranchets, racloirs, burins, étaient très fréquemment emmanchés soit dans du bois, soit dans de la corne ou de l'os.

Parmi les armes les plus fréquentes, et en même temps les plus variées de l'industrie néolithique, il faut citer les pointes de flèches qui, dans la plupart des stations, se rencontrent en très grand nombre, en tous pays du monde. La variété des formes est infinie, et encore ne possédons-nous que les têtes de flèches en silex et quelques-unes en os; celles faites en bois, en corne, en arêtes de poissons ont disparu.

Fig. 41.—Emmanchement des pointes de flèches en silex.
[(agrandir)]

1, Californie, d'après A. de Mortillet.—2, Hélouan (Basse-Égypte).—3, Abydos.—4 et 5, Abydos (d'après Flinder Petrie).—7 et 8, Flèches à tranchant de la période égyptienne historique. (Coll. de l'auteur.—Musée de St-Germain).

L'emmanchement de ces pointes de flèches (fig. 41), lui-même, était très varié; nous en possédons quelques spécimens soit antiques, soit parmi les collections ethnographiques de nos musées.

On remarquera que la tête de flèche tranchante, en usage chez les Égyptiens aux temps historiques (fig. 41, nos 6, 7 et 8) (Moyen Empire), était déjà employée par les contemporains de la première dynastie (fig. 40. nos 4 et 5), qui avaient fait de cette arme une véritable œuvre d'art. Mais, à côté de ces belles têtes de flèches, il en était certainement d'autres, composées d'un simple éclat sans retouches, dont nous rencontrons sans doute de nombreux spécimens sans comprendre leur usage. Et il en est sûrement de même pour une foule d'instruments appartenant à toutes les industries de la pierre, quelque peu retouchés ou même sans retouches, dont l'emploi demeure inconnu.

Ainsi les formes néolithiques varient à l'infini et se partagent en une foule de districts, en époques très variées. Il est de ces industries qui sont fort anciennes, il en est d'autres qui sont nos contemporaines, mais, quel que soit leur âge, quelque soit leur pays, toutes reflètent les mêmes pensées, chez les ouvriers qui les taillaient; et, par suite des exigences de la matière, toutes présentent un air de parenté, bien que dans la plupart des cas ces diverses industries soient absolument indépendantes les unes des autres.