Fig. 52.—Les gisements
de cuivre et d'étain
du Nouveau Monde.
[(agrandir)]

Il ne reste donc que le groupe malais, indo-chinois et chinois, dont la richesse est immense; peut-être que dans des temps plus rapprochés de nous l'étain a suivi la même voie que les grandes invasions mongoles du Moyen Âge pour arriver dans nos pays.

L'Indo-Chine et la Chine étaient particulièrement favorisées par la nature pour que se fit dans ces pays la découverte du bronze: car là se trouvent réunis, et en grande abondance, les minéraux cuprifères et stannifères; mais nous devons borner là ces considérations et attendre que le Centre asiatique et la Chine soient mieux explorés. Peut-être même découvrira-t-on quelque jour dans les montagnes du nord de l'Asie Antérieure des gisements stannifères oubliés depuis des milliers d'années: en ce cas la présence de la cassitérite dans cette région réduirait à néant toutes les hypothèses qu'on serait tenté de hasarder aujourd'hui sur la position du foyer initial de la métallurgie.

Fig. 53.—Moules. 1-2. Écosse (Univalves), pierre.—3, Moule en bronze margis (Lac Léman).—4, Lac du Bourget (pierre).
[(agrandir)]

Les archéologues se demandent si la préparation du bronze se faisait en dosant les proportions des deux éléments (fig. 53) à l'état métallique[135], ou bien si les minerais étaient mélangés avant la mise au four, et ils expliquent par cette dernière hypothèse les notables différences dans la teneur en étain des bronzes. Ce ne sont là que conjectures qui, pour être appuyées, exigeraient qu'on pût étudier avec certitude, et dans les moindres détails, une fonderie de cette époque, et analyser les scories laissées par les opérations.

Fig. 54.—1-3, Haches de bronze (Suse).—4 à 8, D'après un bas-relief de Naram-Sin, trouvé à Suse.
[(agrandir)]