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Le harpon (fig. 83, n°1 à 5), en usage dès les derniers temps quaternaires, se montre dans toutes les industries moins anciennes, jusqu'à nos jours; il est fait d'os, d'ivoire ou de métal, et certains petits instruments de silex qu'on rencontre, à Hélouan (Égypte) entre autres localités, peuvent être considérés comme des armatures de harpons.

Quant aux hameçons (fig. 84, nos 1 à 10), ils se montrent nombreux dans toutes les industries du cuivre et du bronze, affectant les formes que nous leur donnons encore de nos jours.

Fig. 84.—Hameçons.—Cités lacustres de Suisse: nos 1 à 8 et 11 à 13. N° 9, Suse. N° 10, Égypte.
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Les filets (fig. 83, n° 6) paraissent avec l'industrie néolithique des cités lacustres ou, du moins, est-ce dans les lacs qu'on a jusqu'ici rencontré les plus anciens spécimens de filet. Ils semblent avoir été faits «au pouce» plutôt qu'au «petit doigt». Des morceaux de bois léger (fig. 83, n° 7) tenaient lieu de flotteurs, et des cailloux percés (fig. 84, n° 11) ou de ces grosses perles de terre cuite qu'on nomme fusaïoles (fig. 84, nos 12 et 13) remplaçaient nos plombs pour les lignes comme pour les filets.

Dans certains pays, riches en lacs et en cours d'eau, ou situés sur les côtes, la pêche était la ressource principale des habitants; les kjœkkenmœddings danois en font preuve et les bas-reliefs qui nous ont été laissés par les Pharaoniques des premières dynasties fournissent de nombreuses représentations de scènes de pêche au filet dans le Nil, ou dans les marais latéraux de sa vallée (fig. 85). D'ailleurs les restes de cuisine égyptiens contiennent tous des débris de poissons en grand nombre; et certains de ces os, des vertèbres, indiquent qu'on capturait alors dans le fleuve sacré de véritables monstres, mesurant parfois deux et trois mètres de longueur.