Fig. 87.—Le bétail sous l'ancien Empire; antilopes, gazelles, hyènes, chacals.—Bas-relief du tombeau de Méra à Saqqarah (VIe dynastie).
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À l'époque des palafittes, le cochon, le cheval, le bœuf, la chèvre, le mouton et le chien étaient apprivoisés; le sanglier, le daim, le cerf, un grand bœuf, l'élan, le castor, le chat, le renard, le loup, le putois, la martre, le blaireau et l'ours brun vivaient à l'état sauvage; et l'homme, toujours chasseur, ne rapportait le plus souvent à son habitation que les parties les plus utiles du gibier, après l'avoir dépecé sur la place où l'animal était tombé. Cet usage, que nous voyons pratiqué dès les temps quaternaires, et qui s'est perpétué chez les peuples sauvages jusqu'à nos jours, a permis aux zoologistes de distinguer entre les bêtes capturées à la chasse et celles qui, domestiquées, étaient tuées dans les villages. On retrouve toutes les parties du squelette de ces dernières dans les restes laissés aux alentours des habitations, alors que ce sont toujours les mêmes os qu'on rencontre quand il s'agit du gibier[164].
Quant aux pays d'origine de la domestication des animaux, nous ne les connaissons pas. Certains auteurs[165], sans preuves d'ailleurs, les placent en Orient; mais il est plutôt à croire qu'elle s'est produite sur un grand nombre de points. Les Péruviens, comme le fait observer M. S. Reinach, avaient domestiqué le lama, et les Astèques, le dindon, avant la conquête espagnole[166].
Fig. 88.—Antilopes
d'après une fresque Meïdoum
(IIIe dynastie).
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En Égypte, j'ai retrouvé, alors que j'explorais les kjœkkenmœddings, non seulement des traces de la domestication des animaux parmi les restes des habitations, mais aussi les enceintes où les Prépharaoniques enfermaient leurs troupeaux pour la nuit, et ces troupeaux étaient composés en majeure parte d'antilopes (Bubalis buselaphus), de gazelles (Gazella dorcas et isabella), de chèvres (Hircus thebaicus), de moutons (Ovis longipes) et de mouflons à manchettes (Ammotragus tragelaphus)[167]. Le bœuf était également connu, car on trouve ses restes dans les débris de cuisine. Reste à savoir si, à cette époque, il vivait à l'état sauvage, ou s'il était domestiqué.
Parmi les troupeaux qui figurent sur les bas-reliefs de l'ancien Empire, on remarque certains bœufs (Bos macroceros et Bos brachyceros) ainsi que le mouton d'Asie, et leurs squelettes se rencontrent en abondance dans les kjœkkenmœddings de Toukh. Ce bétail a fort probablement été importé[168] à des époques fort anciennes.