1 à 6, Grotte des morts (Gard). 7, Aveyron. 8, Stéatite: dolmen d'Aiguèze (Gard). 9, Coquille de pectuncle: dolmen de Gamat (Lot). 10, Coquille (Dijon, Côte-d'Or). 11, Coquille, os et schiste: dolmen de Vinnac (Aveyron). 12, Luzarches (Seine-et-Oise). 13, Camp de Chassey (Saône-et-Loire). 14, Canine de chien (lac de Constance). 15, Callaïs: dolmen de Carnac (Morbihan). 16, Stéatite: dolmen de Vayssières (Aveyron). 17, Lignite: dolmen de Bessoles (Aveyron). 18, Albâtre: dolmen de Montaubert (Aveyron).
Assurément hommes et femmes se paraient dès les temps des industries quaternaires; mais leur bijouterie, si primitive qu'elle soit, nous est encore presque inconnue; c'est avec les restes des industries néolithiques que nous voyous paraître, dans les sépultures et dans les cités lacustres, de nombreuses amulettes et des perles de colliers (fig. 98). En Égypte, dans les tombes néolithiques et énéolithiques, on rencontre fréquemment des colliers composés de perles ou de coquilles, des pendeloques et des bracelets d'ivoire, d'albâtre, de nacre, voire même de silex merveilleusement taillés (fig. 99, n° 5). Mais c'est avec l'industrie du bronze que débute la véritable bijouterie.
Fig. 99.—Bracelets 1 à 3, Frignicourt (Marne). 4, Albâtre (El Amrah). 5, Silex jaune (Abydos). 6, Nacre (El Amrah).
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Le bijou qui présente le plus d'intérêt au point de vue de la variété est la fibule, qui se montre avec l'industrie du bronze et dont l'usage s'est perpétué jusqu'à nos jours; mais avant que la fibule fût connue et dans les pays où jamais elle n'a été en usage, comme l'Égypte, d'autres moyens permettaient d'attacher ensemble deux pans d'étoffe. Dans les sépultures de la première industrie du fer, en Arménie russe, toutes les tombes renferment une grosse épingle; et la chance a voulu que dans l'une de ces sépultures, l'épingle fût encore engagée dans des restes de l'étoffe et entourée du cordon qui la maintenait[173]. L'épingle remplaçait donc commodément la fibule; aussi devons-nous penser que celles qui se rencontrent avec les industries archéolithiques n'avaient pas d'autre destination, soit qu'elles retinssent des peaux, soit qu'elles fussent enfoncées dans les plis d'un vêtement tissé. Plus tardivement encore est venu le bouton, petit morceau de métal muni d'un anneau.
En Égypte, comme en Élam, la fibule ne semble pas avoir été d'usage courant même aux temps historiques, on ne la rencontre jamais dans les tombeaux pré-pharaoniques et proto-élamites; et les dépôts de fondation du temple de Chouchinak n'en contenaient aucune. Cependant elle existe à Moughaïr et à Warka, en Chaldée, dans des sépultures qui passent pour être fort anciennes, mais dont la date est très discutable.
Le type primitif de la fibule est celui dit en archet, dans lequel la tige métallique fait tous les frais: repliée sur elle-même, elle compose l'épingle, son arrêt, son ressort et le dos qui, bientôt, prend une importance ornementale. Dès lors la fibule est faite de plusieurs pièces ajustées sur un motif central parfois très compliqué.
Dans le monde méditerranéen oriental, la fibule semble avoir fait son apparition en même temps que le péplos dont elle était le complément indispensable; car ce vêtement féminin, n'étant pas cousu, devait être, sur les deux épaules, retenu par des fibules. Ce bijou ne se montre que vers la fin de l'époque mycénienne, et encore est-il de peu d'usage jusqu'au temps de l'invasion dorienne qui en généralise l'emploi; il est donc permis de penser que le péplos et la fibule sont venus du Nord en Grèce; mais, originairement, la fibule n'était pas spéciale au port du péplos; depuis des temps fort anciens elle était en usage chez les peuples asiatiques du Nord et européens du Centre et de l'Ouest. Elle se montre contemporaine de la plupart des dernières industries du bronze en Italie, comme en Gaule. Dans la Transcaucasie et le Nord-Ouest iranien elle paraît avec le fer. Son absence en Égypte et à Suse vient à l'appui de l'opinion que ce bijou est d'origine asiatique centrale.