LA
SERVITUDE VOLONTAIRE
OU
LE CONTR'UN.
[AVIS AU LECTEUR.]
Dans la notice qui précède, nous avons dit quelques mots du manuscrit d'après lequel nous donnons l'impression nouvelle de la Servitude volontaire. Ce manuscrit a appartenu à Henri de Mesmes, ami de Montaigne et peut-être aussi de La Boëtie[34]. Montaigne lui a dédié la traduction des Règles du Mariage, de Plutarque, ce traité dont Wittenbach disait: «Suavis est materia, suavior est forma.»
[34] Henri était tout à fait contemporain de Montaigne et de La Boëtie, puisque, né en 1532, il se trouvait avoir un an de plus que le premier et deux ans de moins que le second. Son père mourut la même année que celui de Montaigne (1569).
Ce petit in-folio se trouve aux manuscrits de la Bibliothèque impériale, nº 7218. 3, fonds de Mesmes, 564[35]. Il se compose de trente-trois feuillets, sur lesquels la Servitude occupe vingt-six pages, d'une belle et nette écriture, imitant l'italique des impressions du seizième siècle. Sur les feuillets restants, vingt-sept pages contiennent les matériaux d'une réfutation que de Mesmes avait l'intention d'entreprendre. On trouve là un «Extraict du liure de La Boitie pour y respondre,» des citations d'auteurs anciens dont l'autorité devait être invoquée, enfin des memoranda inscrits à la marge des extraicts qu'ils devaient réfuter (on dira... era monstré que.. etc).