Buckingham.—Le petit salon de la Reine.
Phot. H. N. King.
Les tracas du pouvoir et les intrigues des partis devaient bientôt lui faire prendre en dégoût, malgré leur splendeur, l’une et l’autre de ses demeures officielles et la faire désirer posséder un home
Où de n’être plus reine on eût la liberté.
Une description sommaire du palais de Buckingham, une évocation des souvenirs qu’il renferme, permettra de mieux suivre les événements qui s’y sont déroulés.
Le lieu sur lequel a été bâti le palais s’appelait, à la fin du XVIIe siècle, Mulberry Gardens, à cause de la nature plantureuse de ses mûriers. Lord Artington y avait fait bâtir une maison de campagne, d’aspect simple, sans prétention, célèbre par la première tasse de thé importé en Angleterre et qui a été bue dans ses murs. Lord Artington avait rapporté de Hollande une livre de ces feuilles précieuses qu’il avait payée trois livres, 75 francs, et il avait invité une bande d’amis à venir goûter à cette boisson chinoise. C’est là le point de départ en Angleterre d’un usage qui défierait aujourd’hui toutes les révolutions, tant il fait partie intégrante de la vie anglaise. L’usage de cette boisson a dans beaucoup de maisons tourné à l’excès et c’est à la consommation excessive du thé que les dames anglaises doivent leur sveltesse et aussi, affirme-t-on, leur teint couperosé.
En 1703, le duc de Buckingham acquit la propriété de lord Artington et bâtit, sur l’emplacement de la maison, une demeure beaucoup plus importante, d’un aspect princier. George III, devenu roi, s’en éprit et en offrit au duc £ 21.000. Le marché fut aussitôt conclu et le roi put quitter le vieux palais de Saint-James pour venir habiter ce qui s’appelait déjà Buckingham Palace ou le palais du duc de Buckingham. En 1775, il fut donné à la reine Charlotte par acte du Parlement et c’est à partir de ce moment que la reine y tint ses drawing-rooms.