Le prince Charmant en fut instruit par des envieux que depuis longtemps le savoir d’Olifour offusquait, et sur le rapport de ces gens, il lui fit trancher la tête.
VI
LA PROPOSITION D’UN BON PERE
Cependant le roi ne comprenait rien au désespoir de son fils. Pour remplacer Chevrette, il lui offrit de lui faire épouser toutes les chevrières de son royaume.
Le prince Charmant refusa, et déclara qu’il ne lui restait plus qu’à mourir de consomption, ainsi qu’il en avait formé le projet, si l’on ne parvenait à découvrir la retraite de Chevrette.
Tous les efforts tentés dans ce but étaient superflus.
La reine alla consulter la fée qui avait présidé à la naissance de son fils, espérant bien qu’elle ne voudrait pas laisser mourir de consomption un prince qu’elle avait accablé des dons les plus précieux du corps et de l’esprit.
La fée écouta la reine et voulut la consoler. Elle lui fit part de ce qui s’était passé dans le royaume des Fleurs et lui apprit que Chevrette n’était autre chose que le Chèvrefeuille, qui s’était incarné dans le corps d’une jeune et jolie chevrière.
—Vous concevez que la fleur du chèvrefeuille est trop sauvage, trop simple, trop capricieuse même, pour vivre à la cour. Laissez-la aux champs avec ses chèvres, et dites à votre fils que je lui ménage une jolie petite princesse dont il me dira des nouvelles.
La reine raconta à son fils la conversation qu’elle venait d’avoir avec la fée. La petite princesse le fit réfléchir, et il promit à sa mère de ne pas mourir de consomption.