Un jour, Impéria l’aborda avec un doux sourire et en l’appelant: Cher seigneur!
Pour le coup, pensa Stenio, nous y voici; nous allons enfin échanger nos deux âmes.
—N’est-ce pas, ô mon unique amour! se hâta-t-il de répondre, qu’il est doux de...
—De donner des fêtes, de recevoir ses amis, reprit Impéria, de vivre dans le monde. Est-ce que vous ne songez pas à réunir prochainement, dans un grand bal, toute la société de Venise? Il me semble que, puisque nous voilà mariés, nous devons tenir notre rang.
Ce fut un coup de tonnerre pour Stenio. Quelques jours après, il écrivit à son ami.
VII
DEUXIÈME LETTRE A PAOLO
«Je suis le plus malheureux des hommes! Impéria ne me comprend pas.
«Il fallait voir comme sa figure rayonnait lorsqu’elle s’est présentée à moi parée pour le bal. Elle n’aime que l’éclat, les triomphes du monde, le luxe et la toilette. C’est une femme sans cœur.
«En la voyant si belle, si heureuse, j’ai voulu me venger.