Je parcours en tous sens la prairie, et je ne trouve pas mon talisman. Rend-il riche? fait-il aimer? préserve-t-il des maladies?

Mon Dieu, que ce champ de trèfle est joli! comme ces festons découpés s’inclinent gracieusement sous la brise!

L’alouette a fait son nid au milieu des touffes de trèfle, les petites bêtes du bon Dieu se balancent sur ses feuilles, le papillon voltige autour de ses fleurs.

La perdrix et la caille y mènent promener leur jeune couvée: ils courent, ils jouent, ils se poursuivent au milieu de l’herbe épaisse.

Petits oiseaux, petites bêtes, papillons, le trèfle hospitalier accueille et protége les faibles et les timides. Il n’est pas jusqu’au lièvre paresseux et sybarite qui ne vienne s’endormir pendant la chaleur sous ces touffes fraîches et moelleuses.

Je comprends maintenant pourquoi la vieille Marthe m’a dit de cueillir le trèfle à quatre feuilles.

Être humble et charitable, aimer les pauvres et les opprimés, cela ne porte-t-il pas bonheur?

Montre-toi donc à moi, trèfle à quatre feuilles, mon cher talisman. Il y a bien longtemps que je te cherche. Loués soient Dieu et ma patronne! le voilà, je l’ai trouvé.