Comment se fait-il, nous dira le lecteur, qu’un jeune homme posé, rangé, sage, laborieux, innocent, candide, une espèce de Grandisson comme M. Frantz, puisse éprouver de la sympathie pour une jeune fille dissipée, frivole, légère, peut-être même coquette, comme Pierrette?

A cela nous pourrions répondre par deux axiomes que, vu la gravité de la circonstance, nous ne traduirons pas en français.

Similia similibus, contraria contrariis.

Le vieux rentier est attiré par le vieux concierge, Coquelet par Jabulot: Similia similibus.

Le sage Frantz a un penchant pour la folle Pierrette: Contraria contrariis.

Cette réponse serait péremptoire; mais nous en avons une en réserve qui vaut peut-être mieux.

Frantz ne sait pas à qui il a affaire.

Si Mlle Pierrette rentre si tard le soir, et quelquefois pas du tout, c’est que l’ouvrage presse et qu’on la retient à l’atelier.

Si elle chante, c’est pour donner le change à de noirs chagrins qui l’obsèdent.

Si elle passe ses après-midi à dormir, c’est que son faible corps, vaincu par le travail obstiné de la nuit, ne peut résister à la fatigue.