Voyez ces cadavres qui se tordent dans les convulsions de l’agonie. Leur bouche contractée, leurs doigts crispés, leur teint semé de taches livides, indiquent qu’ils ont succombé à un mal terrible.
Un affranchi s’avance et ordonne qu’on porte au Tibre ces cadavres. Demain le fleuve les rejettera sur ses bords, et le peuple romain dira en les regardant: Locuste a essayé cette nuit ses poisons.
IV
PARIS
La foule se rue sur les quais, le peuple se précipite vers la place de Grève, l’échafaud est dressé depuis ce matin.
Qui va mourir?
Voici la charrette qui s’avance entourée d’archers. Le peuple crie, le peuple hurle, le peuple grince des dents; il jette des pierres, et à défaut de pierres, de la boue sur la victime.
Et pourtant cette victime est une femme.
Ses traits sont nobles et réguliers, ses longs cheveux flottent sur ses épaules nues, un air de dédain passe sur sa physionomie quand elle regarde la foule.
Un prêtre lui présente de temps en temps un crucifix qu’elle baise.