Ces choses raisonnables dites, Coquelicot et Bleuette demandèrent à la Reine la permission de se retirer, afin d’aller tirer d’inquiétude Blaise et Lucas. Cette permission leur fut octroyée. La Reine y joignit deux gros diamants pour elles, et deux paires de breloques pour Blaise et pour Lucas.
IX
LE RETOUR
Comme elles traversaient les cours du palais, les courtisans, qui se trouvaient là réunis en très-grand nombre, ne purent s’empêcher de s’écrier: Palsambleu! voilà deux jolies filles!
Coquelicot et Bleuette ne tournèrent seulement pas la tête, en entendant ces doux propos, tant elles avaient hâte de revoir Lucas et Blaise.
Elles se mirent à marcher, puis à courir; les voilà franchissant les hautes prairies de luzerne, foulant aux pieds le trèfle, effrayant dans le sillon l’alouette dans son nid, et la grenouille endormie sur le bord d’un ruisseau; elles vont, elles vont, reprenant haleine, marchant et courant tour à tour.
Si bien qu’elles arrivèrent au village avant la nuit.
Elles s’élancèrent vers la chaumière, croyant retrouver sur le seuil Blaise et Lucas résolus à mourir de désespoir sans quitter ces lieux chéris.
Elles rencontrèrent deux noces.
C’était Lucas qui se mariait avec Margot, la fille à Gros-Pierre, et Blaise qui épousait Flipotte, la nièce à Gros-Jean.