D’autres fois encore, vous vous dites: C’était la fleur qu’aimait ma mère, ou dont ma sœur se parait.
Et vous pensez à votre enfance, à votre mère qui vous regarde d’en haut, à votre sœur, si chaste, si pure, si belle, que Dieu la prit pour en faire un de ses anges.
Malheur à celui qui n’a pas senti ses yeux se mouiller de larmes à la vue d’une certaine fleur! Celui-là n’a été ni un enfant ni un jeune homme; il n’a eu ni mère, ni sœur, ni fiancée; il n’a jamais aimé.
On porte la fleur préférée à sa boutonnière; on en suspend un rameau au chevet de son lit, on en envoie un bouquet à ses chers amis.
La fleur préférée porte bonheur.
Il faut avoir sa fleur sur la terre, et son étoile au ciel.
Méfiez-vous de ceux qui riront de cette superstition.
Ma fleur préférée, c’est le jasmin.
Pendant qu’il fleurit, il me semble sentir quelque chose de vif, de doux, de pénétrant au fond de mon cœur, une espèce de bien-être qui disparaît quand le jasmin commence à se flétrir.
Il existe comme une union intime entre moi et le jasmin. Il est vrai qu’il me rappelle tant de choses!... Mais ce n’est pas mon histoire que je veux vous raconter, vous la savez, parce que cette histoire est aussi la vôtre.