PULMONAIRE.—On cultive deux espèces de cette plante, qui ne diffèrent entre elles qu’en ce que l’une est vivace: c’est la pulmonaire de Virginie, et l’autre est annuelle: c’est la pulmonaire de Sibérie. Toutes deux donnent, en mars, de petites fleurs. Celles de la première espèce sont rouges, bleues ou blanches, selon la variété. La seconde n’a que des fleurs bleues, petites, comme celles de l’autre, mais d’un éclat plus vif.
La pulmonaire vivace se multiplie par éclats de racines, au mois d’octobre; on multiplie celle de Sibérie par graines semées aussitôt après les grands froids.—Terre légère et fraîche pour toutes deux.
PYROLE.—En juin, petites fleurs d’un rose tendre, placées par deux sur chaque pédoncule. On en cultive deux espèces: l’une odorante et l’autre inodore. Même culture pour toutes deux.—Terre de bruyère; arrosements fréquents.—Multiplication par éclats de racines, au printemps.—En serre pendant l’hiver.
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REINE-MARGUERITE.—Les fleurs de cette plante, que l’on nomme aussi Aster de la Chine, rivalisent de beauté avec celles du dahlia, et ses variétés ne sont pas moins nombreuses. Elles s’épanouissent en juillet, et l’on en fait de brillantes collections qui offrent un aspect charmant. La culture en est excessivement facile.—Terre franche.—Multiplication par graines semées en avril. La meilleure graine est celle que la tige-mère porte à son extrémité; si on la garde un an avant de la semer, la fleur n’en est que plus belle.
Il y a un grand nombre d’espèces d’asters; les plus remarquables après la reine-marguerite sont: l’œillet-de-christ, le soyeux, le géant et le denté. Ces quatre espèces peuvent se multiplier par éclats de racines séparées en octobre.
RENONCULE.—C’est encore une des plus belles fleurs qui se puissent voir. Les faiseurs de collections en comptent près de six cents variétés qui réunissent toutes les couleurs et toutes les nuances connues, toutes... excepté le bleu. Certes, nous sommes loin du temps où les oignons de tulipes se cotaient à la banque d’Amsterdam et atteignaient des prix fabuleux. Cependant il est certain qu’un horticulteur qui serait assez heureux pour obtenir une renoncule bleue pourrait faire une rapide et brillante fortune. Quoi d’extraordinaire? N’avons-nous pas vu, il y a quelques années, la graine d’une certaine espèce de chou se vendre, rue de Richelieu, à Paris, cinq francs l’une... oui, cinq francs une seule graine, ce qui portait le produit d’un seul chou à cinquante ou soixante mille francs! L’industriel qui possédait ces graines en vendit pour un demi-million en six mois. Ce prodigieux résultat bouleversa l’esprit de ce malheureux; il devint fou et se fit sauter la cervelle.
Donc il n’existe pas de renoncules bleues, mais il en peut naître une, et c’est là le plus cher espoir de tous les amateurs qui cultivent exclusivement cette jolie fleur. Au reste, cette culture est des plus faciles. La graine, que l’on récolte en octobre, doit être gardée dans un lieu sec pendant un an et même deux ans. On la sème en automne sur une terre franche, puis on la recouvre d’une légère couche de terreau et l’on arrose fréquemment. Mais on ne multiplie les renoncules par graines que pour obtenir de nombreuses et nouvelles variétés. Lorsqu’on veut s’en tenir à la collection qu’on possède, il est plus simple de les multiplier par la séparation des griffes, qu’on replante aussitôt, ou l’année suivante. Dans ce cas, les couleurs de la fleur sont plus vives. Les renoncules fleurissent en juin; la séparation des griffes se fait vers la fin de juillet.
RÉSÉDA.—Petite plante vivace, connue de tout le monde. Ses formes n’ont rien de remarquable, mais son parfum le dispute à celui de la rose. Le réséda est vivace; on le multiplie par éclats de racines ou par semis. Toutes les terres lui sont bonnes, pourvu qu’elles ne soient pas trop sèches.
Le réséda dit en arbre n’est pas une espèce différente de celle dont nous venons de parler; on fait du réséda un arbuste en retranchant les branches inférieures, et en soutenant, à l’aide d’un tuteur, la tige qui s’élève ainsi et devient ligneuse.