Puisque nous voici entré dans cette voie, nous pourrions bien, Mesdames, vous donner la nomenclature de ces espèces; mais vous en seriez quittes pour tourner rapidement le feuillet, et nous en serions pour nos frais d’érudition horticole; ce serait trop de moitié.

Nous nous contenterons donc de vous dire que les botanistes et les horticulteurs,—car ces gens-là s’entendent quelquefois,—ont divisé les rosiers en onze classes, savoir:

Les rosiers à feuilles simples,
Les rosiers FÉROCES... Oh!
Les rosiers BRACTÉOLÉS,
Les rosiers cannelles,
Les rosiers pimprenelles,
Les rosiers à cent feuilles,
Les rosiers velus,
Les rosiers rouillés,
Les rosiers CYNORRHODONS... Ouf!
Les rosiers à styles soudés,
Les rosiers BANKSIENS... Ah!

Et cela est tout rose; qui oserait le contester?... Mais cela n’empêche pas que la rose soit le chef-d’œuvre de la végétation, d’où il résulte que les rosiers sont indispensables dans un parterre, quelque peu étendu qu’il soit. Et rien n’est si facile de les y mettre et de les y faire vivre, la culture de ces arbustes étant des plus simples. Presque tous les rosiers se plaisent dans une terre franche, légère; ceux du Bengale seuls s’accommodent mieux de la terre de bruyère. Tous se multiplient par graines, rejetons, boutures, marcottes, et il n’est pas d’arbustes plus dociles à la greffe et qui se prêtent plus volontiers aux caprices de l’horticulteur.

Les plus belles roses fleurissent en juin; mais il en est pour toutes les saisons, et il n’est pas rare de voir, dans nos jardins, des roses du Bengale s’épanouir sous des flocons de neige.

RUDBECKIA.—En juillet, grandes fleurs rouges. Cette plante, à racines fibreuses, demande peu de soins.—Terre franche, arrosements modérés.—Multiplication par graines semées en avril.

S

SABLINE.—Charmantes petites fleurs blanches qui surgissent en mai du milieu d’un gazon touffu, et dont on fait de très-jolies bordures.—Terre franche; arrosements fréquents.—Multiplication par éclats de racines, en octobre, ou par graines semées fin mars.

SABOT DE VÉNUS.—Fleurs brunes, d’une forme singulière, paraissant en mai et exhalant absolument le même parfum que les fleurs d’oranger. Les pétales de cette fleur, au nombre de quatre, ressemblent parfaitement aux ailes d’un moulin à vent.—Terre de bruyère; exposition de l’ouest; arrosements fréquents.—Multiplication par graines semées en mars.

SAFRAN.—Plante bulbeuse dont les fleurs jaunes, blanches, grises ou bleues, selon la variété, s’épanouissent en février.—Terre franche, mêlée de terre de bruyère; peu d’eau.—Multiplication par caïeux, qu’il ne faut détacher que tous les trois ou quatre ans en juin et qu’on replante en juillet, en laissant entre eux une distance de cinq à six centimètres.