Elles touchent au fond même des choses; elles faussent leur signification morale, elles blessent la vérité historique, philosophique, mystique, que sais-je encore?
Aussi n’avons-nous pas hésité un seul instant à nous exécuter de bonne grâce. Nous ne voulons pas, dans un ouvrage de cette importance, rester en arrière des idées progressives, et nous faire traiter d’écrevisse littéraire par la critique.
La critique est sévère quand elle s’y met!
Une foule de lettres anonymes nous ont été adressées dans le cours de cette publication. Les unes nous portaient aux nues, les autres nous accablaient de malédictions. La dernière de ces lettres était foudroyante; le lecteur pourra en juger:
«Téméraire, craignez le courroux de Flore!»
Nous nous sommes empressé d’apaiser la déesse par des sacrifices convenables. Serons-nous aussi heureux auprès de la critique?
Nous savons qu’on nous a reproché, dans une des dernières séances de l’Académie des sciences morales et politiques, d’avoir usé d’un symbolisme rétrograde pour caractériser le Myrte et le Laurier. Nous nous empressons de reconnaître la vérité de ces observations. Le lecteur est prié de considérer comme non avenus les deux dessins représentant le Myrte et le Laurier. Grâce aux lumières qui lui ont été fournies par l’analogie, et après deux mois de conférence avec un professeur de myrtes indien, Grandville a fini par trouver que le Myrte ne pouvait pas mieux se représenter que par un vieux roué, et le Laurier par un vieux mousquetaire.
Dans le congrès scientifique de France qui a eu lieu cette année, plusieurs séances ont été consacrées à l’examen des Fleurs animées.La section de botanique, tout en constatant les services que ce livre est susceptible de rendre à la science, n’a point hésité à signaler une erreur de détail commise par nous. Le portrait que Grandville a donné de la Belle-de-Nuit dans la 20e livraison, est celui d’une Fleur qui appartient évidemment à la famille des Liserons. Dans le dessin ci-joint, on trouvera la véritable Belle-de-Nuit telle qu’elle est décrite par Linné, Tournefort, de Jussieu et de Candolle. Trop heureux si nous nous montrons digne, par cette rectification, de la bienveillance et des éloges du congrès scientifique!